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Éthiopie : la reprise des combats au Tigré accroît les tensions dans la Corne de l’Afrique

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La reprise des affrontements au Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, fragilise l’accalmie instaurée par l’accord de Pretoria de 2022. Les forces alliées au gouvernement fédéral ont progressé dans la région, tandis que des frappes de drones sont signalées et que les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) se sont retirées de Mekelle. La rupture diplomatique entre Addis-Abeba et Asmara renforce les inquiétudes quant à une possible extension des tensions au-delà des frontières éthiopiennes.

La situation sécuritaire se dégrade de nouveau dans le nord de l’Éthiopie. Fin septembre 2026, des affrontements ont repris au Tigré, mettant à l’épreuve l’accord de Pretoria, conclu en novembre 2022 entre le gouvernement fédéral éthiopien et le TPLF pour mettre fin à deux années de guerre. Cette reprise des hostilités remet au premier plan les difficultés liées à la stabilisation politique et sécuritaire de cette région stratégique.

Selon Reuters, des forces alliées au gouvernement fédéral ont annoncé avoir repris l’aéroport de Mekelle, capitale régionale du Tigré, au début du mois d’octobre. Le 7 octobre, Associated Press a également rapporté que ces forces avaient mené des frappes de drones et que les combattants du TPLF s’étaient retirés de la ville. Ces développements témoignent d’une nouvelle évolution du rapport de force sur le terrain, sans toutefois permettre de conclure à une stabilisation durable de la région.

L’évolution militaire intervient dans un climat diplomatique particulièrement dégradé entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Le 1er octobre, Asmara a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Addis-Abeba, après la fermeture de son ambassade dans la capitale érythréenne et l’expulsion de diplomates érythréens par les autorités éthiopiennes, selon Reuters. Cette rupture institutionnelle ajoute une dimension interétatique à une crise déjà marquée par des rivalités politiques et sécuritaires.

Les autorités éthiopiennes accusent l’Érythrée et d’autres acteurs régionaux de soutenir des groupes armés opposés au gouvernement fédéral. Les pays concernés contestent ces accusations. En l’absence d’éléments indépendamment établis permettant de confirmer l’ensemble de ces allégations, elles doivent être distinguées des faits militaires et diplomatiques rapportés par les agences de presse.

Au-delà du Tigré, plusieurs dossiers contribuent à la complexité de la situation régionale. L’Éthiopie cherche à sécuriser un accès durable à la mer Rouge, une question sensible pour ses relations avec l’Érythrée et les autres pays riverains. Les tensions dans le Soudan voisin ainsi que le différend autour du partage des eaux du Nil constituent également des facteurs de fragilité dans la Corne de l’Afrique.

La multiplication de ces foyers de tension ne signifie pas qu’une guerre régionale généralisée est engagée. Elle augmente néanmoins les risques d’escalade, notamment si les affrontements internes se combinent à une confrontation directe entre États voisins.

Pour les acteurs diplomatiques, l’enjeu immédiat consiste à prévenir une nouvelle dégradation sécuritaire et à préserver les mécanismes de règlement politique. La mise en œuvre de l’accord de Pretoria, le dialogue entre Addis-Abeba et les représentants tigréens, ainsi que la désescalade entre l’Éthiopie et l’Érythrée seront déterminants pour limiter les risques. À ce stade, les faits établissent une reprise des combats et une détérioration des relations régionales, mais pas le déclenchement d’une guerre généralisée dans la Corne de l’Afrique.

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