
L’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), avec plus de 4 000 cas confirmés recensés début août. La circulation des personnes et les échanges transfrontaliers compliquent le suivi des contacts. De l’Ouganda au Soudan du Sud, en passant par le Rwanda et le Burundi, les autorités sanitaires de la région renforcent donc leur vigilance face au risque d’exportation du virus.
Au 7 août, les données communiquées par les autorités congolaises et rapportées par Reuters faisaient état de 4 053 cas confirmés et 1 850 décès dans cinq provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo. L’épidémie est devenue la deuxième plus importante jamais documentée après celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016. Reuters souligne également les difficultés rencontrées par les équipes de surveillance, notamment pour retrouver les personnes exposées dans un contexte marqué par les déplacements de populations et l’insécurité.
Le risque régional n’est pas théorique. Dès mai, l’Ouganda avait enregistré des cas importés depuis la RDC, suivis de transmissions secondaires. L’OMS avait alors évalué comme élevé le risque pour les pays partageant une frontière terrestre avec les zones où le virus Bundibugyo avait été détecté, en raison notamment de la mobilité liée au commerce et aux activités minières. L’Ouganda a depuis déclaré la fin de son épisode épidémique le 28 juillet, tout en maintenant une surveillance renforcée aux points d’entrée et dans les districts frontaliers, compte tenu de la persistance de l’épidémie congolaise.
Le Rwanda a également adopté des mesures préventives. Son ministère de la Santé a renforcé le dépistage et la vigilance aux points d’entrée terrestres avec la RDC ainsi qu’à l’aéroport international de Kigali. Le 22 mai, Kigali avait annoncé que les ressortissants étrangers ayant séjourné ou transité par la RDC au cours des trente jours précédents ne seraient pas admis sur son territoire, tandis que les ressortissants rwandais et résidents étrangers disposant d’un justificatif de résidence pouvaient entrer. En juin, le Rwanda indiquait ne recenser aucun cas et jugeait le risque de transmission faible, tout en maintenant sa surveillance.
Le Soudan du Sud constitue un autre point de vigilance, notamment en raison de la proximité de l’Ituri, région où l’épidémie a émergé. L’OMS a relevé que l’Ituri est à la fois une zone commerciale et migratoire importante et qu’elle partage une frontière avec le Soudan du Sud et l’Ouganda. Une réunion ministérielle transfrontalière associant la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud s’est tenue en mai pour renforcer la surveillance, le traçage des contacts, les capacités de laboratoire et l’échange d’informations.
Le Burundi demeure également concerné par cette logique de préparation régionale du fait de sa frontière avec l’est de la RDC, même si les sources consultées ne signalent pas, à ce stade, de cas de Bundibugyo au Burundi. La situation appelle donc une distinction entre détection d’un cas et surveillance préventive : l’existence de contrôles ou de mesures sanitaires à une frontière ne signifie pas nécessairement qu’une transmission y a été constatée.
La dynamique actuelle montre surtout que la maîtrise de l’épidémie congolaise dépend aussi de la capacité des pays voisins à détecter rapidement les cas importés et à partager les informations. Pour l’OMS, la coopération transfrontalière, le traçage des contacts et la surveillance restent prioritaires, tandis que l’organisation déconseille, sur la base des informations disponibles, les restrictions générales de voyage ou de commerce visant la RDC et l’Ouganda.








