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CAN : la CAF rétablit le calendrier biennal après avoir abandonné son projet quadriennal

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La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement décidé de rétablir l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les deux ans, revenant ainsi sur son précédent projet de passage à une périodicité quadriennale. Annoncée le 29 octobre, cette décision intervient après une réévaluation du calendrier des compétitions continentales. Elle remet au premier plan les enjeux financiers de la principale compétition africaine, tout en soulevant des interrogations sur son articulation avec les calendriers internationaux et les intérêts des joueurs.

La décision du Comité exécutif, adoptée à l’unanimité, marque un changement important dans la stratégie de l’instance dirigeante du football continental. Elle intervient après que la CAF eut envisagé de remplacer la CAN biennale par une compétition organisée tous les deux ans, la Ligue des nations africaine, tandis que la Coupe d’Afrique des nations aurait été disputée tous les quatre ans. Ce dispositif devait permettre de réorganiser le calendrier continental et de diversifier les compétitions. Mais son modèle économique n’offrait pas, à court terme, les garanties financières attendues.

Dans son communiqué, la CAF explique que la Ligue des nations africaine nécessiterait plusieurs années avant de pouvoir produire des ressources financières suffisamment importantes pour soutenir ses compétitions et contribuer à l’autonomie économique du football africain. Cette appréciation constitue l’un des principaux motifs du revirement. L’instance reconnaît ainsi que la substitution de la CAN par une nouvelle compétition ne pouvait pas garantir rapidement le niveau de financement recherché.

Au-delà de son caractère sportif, la CAN occupe une place particulière dans l’économie du football africain. Ses différentes éditions mobilisent des diffuseurs, des sponsors, des prestataires, des opérateurs commerciaux et les fédérations nationales. Les droits audiovisuels, les partenariats commerciaux et les recettes liées à l’organisation constituent autant de ressources associées à la compétition. Le maintien d’une périodicité rapprochée permet donc à la CAF de conserver un rendez-vous commercial régulier et aux associations membres de bénéficier d’un environnement économique structuré autour de cet événement.

Toutefois, la décision ne signifie pas automatiquement une augmentation des revenus pour l’ensemble des acteurs. Les retombées financières dépendront notamment des contrats de diffusion, de la mobilisation des partenaires, des coûts d’organisation et des mécanismes de redistribution. Pour les fédérations nationales, la régularité de la compétition peut offrir davantage d’occasions de financement, mais les montants effectivement perçus restent tributaires des accords commerciaux et des règles de répartition établies par la CAF.

Le calendrier des prochaines éditions illustre également la complexité de cette réorganisation. La CAN 2027 se déroulera au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les éditions suivantes sont annoncées pour 2028, 2031 et 2033. L’absence d’une édition en 2030 s’explique par la tenue de la Coupe du monde de la FIFA, conformément à la pratique évoquée par la CAF. Ce calendrier implique néanmoins une transition particulière, avec deux éditions rapprochées en 2027 et 2028 avant un retour à un espacement plus régulier.

La disponibilité des joueurs constitue un autre enjeu. De nombreux internationaux africains évoluent dans des championnats européens et dans d’autres compétitions étrangères. La multiplication des rendez-vous continentaux peut compliquer la gestion des effectifs par les clubs, notamment lorsque les périodes de préparation, les compétitions nationales et les engagements internationaux se chevauchent. La CAF affirme cependant avoir pris en considération les intérêts de ces joueurs dans sa décision.

En définitive, le rétablissement du cycle biennal traduit un choix de sécurisation des ressources existantes plutôt qu’une garantie nouvelle d’autonomie financière. Pour le football africain, le véritable défi sera désormais de transformer la régularité de la CAN en retombées économiques mieux réparties, tout en préservant l’équilibre entre les exigences commerciales, les contraintes sportives et les intérêts des fédérations nationales.

La CAF devra donc démontrer que ce retour à la CAN biennale constitue une solution durable, et non simplement un réajustement de calendrier. La capacité de l’instance à consolider ses recettes, à mieux accompagner les fédérations et à coordonner ses compétitions avec les exigences du football mondial sera déterminante pour mesurer la portée réelle de cette décision.
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