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CAF et FIFA : soutien africain à Infantino face aux enjeux de gouvernance mondiale

Giani Infantino président de la FIFA

Le football international traverse une nouvelle séquence de tensions autour de la gouvernance de la FIFA et de son président Gianni Infantino. Alors que plusieurs fédérations et confédérations contestent sa méthode de gouvernance, la Confédération africaine de football (CAF) a réaffirmé son soutien au dirigeant italo-suisse. En parallèle, la décision de faire passer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à un cycle quadriennal soulève des interrogations sur les équilibres financiers de l’instance africaine.

Le rapport de force autour de Gianni Infantino ne se limite désormais plus à une controverse interne à la FIFA. Plusieurs acteurs du football international ont exprimé leurs réserves après l’abandon d’un projet visant à commercialiser une participation dans les futurs revenus commerciaux de la Coupe du monde. Cette opération, qui devait permettre de mobiliser jusqu’à 4,2 milliards de dollars, a suscité de fortes critiques sur la transparence du processus et sur les modalités de décision. L’UEFA et la CONCACAF ont notamment exprimé leur défiance, tandis que certaines fédérations européennes ont retiré leur soutien à une éventuelle réélection d’Infantino.

Le continent africain présente toutefois une position différente. Des responsables du football africain ont publiquement soutenu le président de la FIFA. Reuters rapporte notamment les prises de position favorables de plusieurs responsables africains, alors que la CAF apparaît comme un soutien institutionnel important dans cette période de contestation. L’enjeu est d’autant plus significatif que la FIFA compte 211 associations membres et que la CAF représente 54 fédérations nationales.

Cette proximité doit également être examinée à la lumière des mécanismes de financement du football africain. La FIFA prévoit des programmes de développement bénéficiant à ses associations membres et aux confédérations. Pour le cycle 2027-2030, l’organisation avait annoncé une enveloppe d’au moins 2,7 milliards de dollars destinée notamment au financement du développement du football. Ces flux financiers constituent un élément concret du fonctionnement des fédérations africaines, sans pour autant permettre, à eux seuls, de déterminer les motivations de leurs dirigeants.

Sur le plan de la CAF, une autre question financière mérite attention : le passage de la CAN à un rythme quadriennal à partir de 2028. La compétition, organisée tous les deux ans depuis 1957, représentait une source majeure de revenus pour la confédération. Selon l’analyse publiée par The Guardian, le changement de fréquence pourrait réduire de plus d’un milliard de dollars les recettes potentielles sur huit ans, notamment parce qu’il diminue le nombre de compétitions commercialisables. Cette estimation relève d’une analyse des droits commerciaux et non d’un montant officiellement reconnu comme une perte comptable par la CAF.

La CAF défend pour sa part une nouvelle architecture destinée à mieux s’aligner sur le calendrier international, avec notamment la création annoncée d’une Ligue des nations africaine annuelle à partir de 2029. Patrice Motsepe avait expliqué que cette nouvelle organisation devait permettre de générer des ressources plus régulièrement.

Le dossier met donc en évidence deux réalités simultanées : un soutien africain significatif à Gianni Infantino au moment où sa gouvernance est contestée ailleurs, et des choix stratégiques de la CAF dont les conséquences financières restent à mesurer. Entre solidarité institutionnelle, financement du développement et préservation des revenus des compétitions, les relations entre la CAF et la FIFA constituent désormais un dossier central de la gouvernance du football mondial.

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