
Les résultats provisoires des élections législatives publiés ce week-end au Bénin confirment un fait politique majeur : l’opposition n’a remporté aucun siège à l’Assemblée nationale. Les deux partis soutenant le président Patrice Talon, l’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), se partagent l’intégralité des 109 sièges du Parlement, consacrant une nouvelle fois l’absence de forces d’opposition au sein de l’hémicycle.
Selon la Commission électorale nationale autonome (CENA), les listes des partis d’opposition n’ont pas franchi le seuil légal requis pour l’attribution de sièges. En application du code électoral en vigueur, seules les formations ayant obtenu au moins 10 % des suffrages au niveau national peuvent accéder à la répartition des mandats. Ce mécanisme, déjà critiqué lors des précédentes consultations, a de nouveau exclu l’ensemble des partis non alignés sur le pouvoir.
Cette configuration n’est pas inédite. En 2019, les élections législatives s’étaient déjà tenues sans la participation effective de l’opposition, provoquant des violences post-électorales et une crise politique durable. En 2023, bien que plusieurs partis d’opposition aient été autorisés à concourir, aucun n’est parvenu à satisfaire aux conditions cumulatives exigées par la loi, notamment en matière de parrainages et de seuil électoral.
Du côté du gouvernement, les autorités saluent un scrutin « transparent et apaisé » et estiment que les règles ont été appliquées de manière uniforme à toutes les formations. Les partis de la majorité mettent en avant une « victoire nette » qui, selon eux, reflète l’adhésion des électeurs au programme de réformes engagé depuis 2016 sous la présidence de Patrice Talon.
L’opposition, en revanche, dénonce un cadre juridique « verrouillé » et une compétition jugée inéquitable. Plusieurs responsables politiques évoquent des obstacles administratifs, des contraintes financières et un environnement politique peu favorable à une véritable alternance. Des organisations de la société civile et des observateurs internationaux appellent, de leur côté, à une réflexion sur l’inclusivité du système électoral béninois.
Sur le plan institutionnel, l’absence totale d’opposition au Parlement pose la question du pluralisme et du rôle de contre-pouvoir dans une démocratie constitutionnelle. Les prochaines législatures seront marquées par un débat limité à l’intérieur de la majorité présidentielle, même si des divergences internes pourraient émerger entre les deux partis dominants.
En attendant la proclamation définitive des résultats, ce scrutin ouvre une nouvelle séquence politique au Bénin, où la consolidation de la stabilité institutionnelle devra composer avec les exigences de représentation et de dialogue démocratique.










