
La deuxième Conférence annuelle africaine sur les notations de crédit se tient les 5 et 6 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice. Organisée notamment par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), elle réunit responsables publics, régulateurs, investisseurs, agences de notation et institutions financières autour d’un enjeu central : mieux mobiliser les ressources financières africaines pour soutenir le développement du continent.
La question du financement du développement revient ainsi au premier plan des discussions économiques africaines. Selon la CEA, l’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars de capitaux domestiques, sous différentes formes, notamment les réserves des banques centrales, les fonds de pension, les fonds souverains, les actifs des compagnies d’assurance, les dépôts bancaires et l’épargne à long terme. Dans le même temps, le continent fait face à un déficit annuel de financement estimé à environ 280 milliards de dollars pour les infrastructures, l’industrialisation, l’énergie et le commerce.
Ces deux données placent la mobilisation du capital domestique au cœur du débat. La CEA relève qu’une part importante de l’épargne africaine est investie en dehors du continent, alors même que les économies africaines recherchent des financements pour leurs projets structurants. La conférence de Maurice examine donc les moyens de renforcer les marchés de capitaux africains afin que davantage de ressources financières puissent être mobilisées et orientées vers les besoins de développement.
Les discussions portent également sur les notations de crédit, qui jouent un rôle dans l’évaluation du risque et dans les décisions d’investissement. La CEA considère le développement de l’industrie de la notation en Afrique comme un élément des réformes destinées à améliorer le fonctionnement des marchés financiers du continent. L’objectif affiché est notamment de renforcer la transparence des évaluations du risque, de développer la confiance des investisseurs et de favoriser l’accès au financement.
Cette réflexion s’inscrit dans une dynamique plus large. En juillet 2026, la CEA avait déjà appelé à renforcer la mobilisation des ressources domestiques et à mieux orienter les financements vers les secteurs productifs, notamment l’industrialisation, la transformation locale et le commerce intra-africain. Elle estime que l’organisation des systèmes financiers doit être davantage articulée aux objectifs de transformation économique du continent.
À Maurice, l’enjeu n’est donc pas seulement de disposer de ressources financières, mais de créer les conditions permettant de les transformer en investissements productifs. La conférence entend poursuivre le dialogue sur les réformes des systèmes de notation, l’approfondissement des marchés de capitaux et la mobilisation de l’épargne africaine.
Le débat engagé à Port-Louis met en évidence un double défi : accroître la capacité de l’Afrique à mobiliser ses propres ressources et améliorer les mécanismes financiers permettant de les orienter vers ses priorités de développement. Les 4 000 milliards de dollars de capitaux domestiques évoqués par la CEA constituent un ordre de grandeur considérable, mais leur mobilisation effective dépendra des réformes des marchés, des instruments financiers et des cadres institutionnels mis en place.











