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Afrique du Sud : la date butoir du 30 septembre ravive les craintes des migrants

photo d'illustration

À l’approche du 30 septembre 2026, les tensions autour de l’immigration restent vives en Afrique du Sud. Le mouvement March and March a annoncé une nouvelle mobilisation nationale visant les migrants en situation irrégulière. À Durban, des réfugiés et demandeurs d’asile redoutent une reprise des affrontements, après plusieurs incidents enregistrés ces dernières semaines.

Le 30 septembre s’annonce comme une nouvelle échéance sensible dans le débat migratoire sud-africain. Le mouvement March and March, qui avait déjà organisé des manifestations le 30 juin, a annoncé une nouvelle journée de mobilisation contre la présence de migrants en situation irrégulière. Selon plusieurs médias sud-africains, le mouvement demande aux étrangers sans statut légal de quitter le territoire et menace de nouvelles actions si cette demande n’est pas suivie d’effet.

À Durban, dans la province du KwaZulu-Natal, cette perspective suscite particulièrement des inquiétudes. Plusieurs centaines de réfugiés et demandeurs d’asile avaient occupé, pendant plusieurs mois, les abords du bureau du ministère de l’Intérieur situé sur Che Guevara Road. Des affrontements ont opposé début septembre des manifestants de March and March aux personnes installées sur le site. La police a notamment utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour séparer les deux groupes.

La situation a depuis évolué. Le 15 septembre, le ministère sud-africain de l’Intérieur a transféré 274 personnes vers le centre de rapatriement de Lindela, à Krugersdorp, dans la province de Gauteng. Le gouvernement avait indiqué que 278 personnes avaient initialement accepté cette solution. Parmi celles transférées figuraient 191 ressortissants de la République démocratique du Congo, 76 du Burundi, cinq d’Ouganda, un du Mozambique et un du Ghana.

Cette opération s’inscrit dans une politique plus large de renforcement du contrôle migratoire. Selon le gouvernement sud-africain, 86 596 étrangers ont été traités pour déportation ou rapatriement entre le 14 juin et le 20 août 2026. Les ressortissants malawites constituaient le groupe le plus important, devant les Zimbabwéens et les Mozambicains. Les autorités précisent que 90 % des personnes rapatriées étaient entrées illégalement dans le pays et que 95 % étaient considérées comme ayant franchi la frontière en dehors des points officiels.

La mobilisation du 30 septembre intervient toutefois dans un contexte où la distinction entre immigration irrégulière et présence étrangère légale demeure importante. Des médias sud-africains ont rapporté les inquiétudes de réfugiés et de migrants disposant de documents valides, qui craignent d’être également exposés aux tensions. À Johannesburg, des familles immigrées, dont certaines disposent d’un statut légal, ont aussi fait état de menaces liées aux mobilisations annoncées.

Les autorités sud-africaines affirment, de leur côté, vouloir appliquer les règles migratoires dans le respect de la loi et des droits fondamentaux. Le gouvernement a également appelé à des manifestations pacifiques et renforcé les dispositifs de contrôle aux frontières.

À la veille du 30 septembre, la situation demeure donc suivie avec attention, notamment à Durban et Johannesburg. L’enjeu porte à la fois sur le contrôle de l’immigration irrégulière, la protection des réfugiés et demandeurs d’asile et le maintien de l’ordre public, alors que les autorités cherchent à encadrer les mobilisations annoncées.

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