
Le militant panafricaniste Kemi Seba a déclaré lundi devant la justice sud-africaine qu’un éventuel renvoi vers le Bénin représenterait un danger pour sa vie. Recherché par les autorités béninoises dans le cadre d’une affaire liée à une tentative de coup d’État présumée, l’activiste a comparu devant un tribunal de Pretoria dans le cadre d’une demande de libération sous caution. Son avocat affirme que son client entend désormais solliciter l’asile en Afrique du Sud.
Arrêté le mois dernier en Afrique du Sud avec son fils adolescent et un ressortissant sud-africain, Kemi Seba est poursuivi pour violation des lois migratoires après le dépassement de la durée autorisée de son visa de visiteur, fixé à trois mois. L’affaire a pris une dimension politique après la révélation d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises le 12 décembre dernier.
Selon les autorités du Bénin, le militant est soupçonné d’avoir soutenu une tentative de coup d’État déjouée, au cours de laquelle des militaires mutins avaient annoncé à la télévision avoir renversé le président Patrice Talon. Les autorités béninoises n’ont pas détaillé publiquement les éléments reliant directement Kemi Seba à cette affaire, mais l’activiste demeure recherché dans ce dossier.
Lors de l’audience tenue à Pretoria, son avocat, Bill Kobras, a indiqué que son client avait produit une déclaration sous serment pour motiver sa demande de mise en liberté sous caution. « L’affaire est reportée à mardi prochain pour les plaidoiries finales ainsi que pour le verdict du tribunal », a-t-il déclaré à la presse à la sortie de l’audience.
La défense a également évoqué des démarches administratives liées à une demande d’asile. D’après l’avocat, Kemi Seba s’est engagé à se présenter dans les 24 heures auprès d’un centre pour réfugiés afin d’y enregistrer ses données biométriques si la justice sud-africaine accepte sa remise en liberté provisoire.
Né en France de parents béninois, Kemi Seba affirme ne plus être retourné au Bénin depuis mai 2024. Il soutient faire l’objet de persécutions politiques et explique que ces craintes l’ont conduit à rester en Afrique du Sud au-delà de la validité de son permis de séjour, expiré à la fin du mois de février.
Figure médiatique du courant panafricaniste francophone, Kemi Seba s’est illustré ces dernières années par ses prises de position critiques envers plusieurs gouvernements africains et occidentaux. Très actif sur les réseaux sociaux, il bénéficie d’une audience importante dans plusieurs pays d’Afrique francophone, où ses discours sur la souveraineté politique et économique suscitent régulièrement débats et controverses.
Cette affaire intervient dans un contexte régional marqué par des tensions politiques persistantes en Afrique de l’Ouest et par une multiplication des procédures judiciaires visant des acteurs politiques, militants ou opposants. La décision du tribunal sud-africain sera suivie de près, tant par les autorités béninoises que par les soutiens du militant, alors que la question de son éventuelle extradition demeure au centre des enjeux judiciaires et diplomatiques.












