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Afrique du Sud : 14 mineurs clandestins tués, l’urgence de sécuriser anciennes mines

photo d'illustration

La police sud-africaine annonce la mort de 14 mineurs clandestins dans une mine désaffectée, ainsi que plusieurs dizaines de blessés. L’incident remet en lumière les dangers persistants liés à l’exploitation minière illégale dans les anciennes zones aurifères du pays. Au-delà du bilan humain, cette activité se situe à l’intersection de l’emploi informel, de la criminalité organisée et de la gouvernance minière.

La mort annoncée de 14 mineurs clandestins et les blessures de plusieurs dizaines d’autres dans une mine désaffectée rappellent la dangerosité particulière des exploitations minières menées hors de tout cadre réglementaire. Les circonstances précises de l’incident devront toutefois être établies par les autorités compétentes. À ce stade, le bilan communiqué par la police constitue la principale référence concernant cette nouvelle tragédie.

L’Afrique du Sud est confrontée depuis plusieurs années à une présence importante de mineurs clandestins, souvent désignés localement sous le terme de « zama zamas ». Ces activités concernent notamment d’anciennes exploitations aurifères dont les infrastructures souterraines restent accessibles après la fermeture des sites. Le cadre légal sud-africain interdit l’exploitation minière sans autorisation, notamment en vertu du Mineral and Petroleum Resources Development Act.

Le phénomène ne relève cependant pas d’une seule réalité sociale. Certaines personnes s’engagent dans cette activité pour rechercher une source de revenus en dehors du marché formel du travail. Mais les autorités sud-africaines et le secteur minier soulignent également l’implication de réseaux criminels dans certaines opérations. Le gouvernement a ainsi établi un lien entre l’exploitation illégale et diverses formes de criminalité organisée, notamment le trafic d’armes et d’explosifs, le blanchiment d’argent et la traite des personnes.

L’ampleur du phénomène apparaît également dans les opérations policières. Depuis son lancement en décembre 2023, l’opération Vala Umgodi avait conduit à plus de 27 000 arrestations à la mi-2025, selon le gouvernement sud-africain. Les autorités avaient également annoncé la saisie de centaines d’armes et de milliers de munitions.

Le dossier comporte néanmoins une dimension sociale que la seule réponse sécuritaire ne suffit pas à épuiser. La fermeture de nombreuses mines a laissé derrière elle des infrastructures souterraines dangereuses et des territoires confrontés à des difficultés économiques. La question de la réhabilitation des sites, de l’accès à des activités minières légalement encadrées et des perspectives d’emploi demeure donc centrale.

L’épisode de Stilfontein, en 2024-2025, avait déjà illustré la complexité de cette situation. L’opération de sauvetage avait finalement permis de faire remonter 246 mineurs vivants et 87 corps d’une mine désaffectée.

La nouvelle tragédie remet ainsi au premier plan un problème qui dépasse la seule question de l’infraction minière. Elle pose simultanément celle de la protection des travailleurs, du contrôle des sites abandonnés, de la lutte contre les réseaux criminels et de la capacité des pouvoirs publics à proposer des alternatives économiques durables. Pour l’Afrique du Sud, la difficulté consiste désormais à articuler efficacement sécurité, réglementation minière, réhabilitation des anciens sites et prévention des risques, afin que les mines désaffectées ne continuent pas de devenir des espaces où le coût humain de l’exploitation clandestine reste particulièrement élevé.

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