
L’effondrement survenu dans la nuit du 10 au 11 août à proximité de Rustenburg, dans la province du Nord-Ouest, a fait au moins 14 morts et huit blessés parmi des mineurs présumés clandestins. Selon la police sud-africaine, les victimes exploitaient des métaux du groupe du platine sur un terril d’un site minier désaffecté. Les opérations de recherche se poursuivaient pour déterminer si d’autres personnes se trouvaient encore sous les débris.
Le bilan donne une nouvelle visibilité au risque associé à l’exploitation clandestine des anciens sites miniers sud-africains. À Rustenburg, important bassin mondial du platine, les autorités sont confrontées à des activités menées hors du cadre légal sur des installations abandonnées ou désaffectées. Dans ce type d’exploitation, l’absence d’infrastructures de sécurité et de contrôle minier accroît l’exposition aux éboulements et autres accidents.
La police a indiqué que les huit blessés étaient originaires du Lesotho. Trois d’entre eux, sortis de l’hôpital, ont été arrêtés pour des faits présumés d’exploitation minière illégale, tandis que cinq autres restaient hospitalisés sous surveillance policière. La nationalité des personnes décédées n’avait pas encore été officiellement établie dans les premières informations communiquées. Ces éléments illustrent également la dimension régionale du phénomène, sans permettre d’en tirer des conclusions générales sur la nationalité des personnes impliquées.
Le gouvernement sud-africain présente l’exploitation minière illégale à la fois comme une question de sécurité, de criminalité organisée et de protection des ressources. En juillet 2026, la police et l’armée ont annoncé l’arrestation de 1 149 suspects au cours du seul mois de juin dans le cadre de l’Operation Prosper, qui cible notamment l’exploitation minière clandestine. Depuis mars 2026, 2 200 militaires ont été autorisés à appuyer la police dans cinq provinces, dont le Nord-Ouest, jusqu’en mars 2027. Le coût estimé de ce déploiement est de 823,15 millions de rands.
Les autorités mettent également en avant le coût économique du phénomène. Une estimation publiée par le gouvernement sud-africain en 2024 évaluait à plus de 70 milliards de rands par an les pertes liées à l’exploitation illégale de l’or. Ce chiffre concerne l’or et ne constitue donc pas une estimation globale de toutes les formes d’exploitation clandestine.
La question demeure toutefois plus large que celle du contrôle des sites abandonnés. Les statistiques officielles de l’Inspection de la santé et de la sécurité minières faisaient état de 2 180 blessures déclarées dans l’ensemble du secteur minier en 2023, contre 2 065 en 2022. Le rapport signalait aussi une tendance préoccupante concernant les décès associés aux activités de mineurs illégaux.
À Rustenburg, le drame du 11 août rappelle ainsi la persistance d’un problème à plusieurs dimensions : sécurité des travailleurs, contrôle des anciens sites, criminalité organisée, circulation transfrontalière de personnes et protection des revenus miniers. La réponse des autorités combine désormais opérations policières, soutien militaire et actions judiciaires. L’efficacité de cette stratégie devra être appréciée dans la durée, notamment au regard de la réduction des accidents, du démantèlement des réseaux et de la capacité à sécuriser durablement les sites désaffectés












