
La Côte d’Ivoire pourrait reconduire le prix garanti de 1 200 FCFA le kilogramme de cacao pour la campagne principale 2026-2027. Cette perspective, rapportée par Reuters sur la base de sources industrielles et gouvernementales, intervient après le recul des cours internationaux qui avaient atteint des niveaux historiques lors de la précédente campagne. Elle relance le débat sur la rémunération des producteurs et les mécanismes de stabilisation de la filière.
La perspective d’un maintien du prix du cacao à 1 200 FCFA le kilogramme traduit les contraintes auxquelles est confronté le système ivoirien de commercialisation, dans un environnement international moins favorable qu’au cours de la campagne précédente. Selon une dépêche de Reuters, reprise le 31 octobre 2026 par le média 225.ci, quatre sources industrielles et deux sources gouvernementales évoquent cette orientation pour la campagne principale 2026-2027. À ce stade, toutefois, aucune décision officielle n’a été annoncée par le Conseil du Café-Cacao ou le gouvernement ivoirien.
L’évolution récente du prix garanti permet de mesurer l’ampleur des ajustements intervenus dans la filière. Au début de la campagne 2025-2026, le kilogramme de cacao était rémunéré à 2 800 FCFA au producteur. Ce montant a été ramené à 1 200 FCFA en mars 2026, soit une diminution de 1 600 FCFA, équivalant à environ 57,1 %. Une éventuelle reconduction du tarif actuel confirmerait donc le maintien d’un niveau de rémunération nettement inférieur à celui annoncé au démarrage de la précédente campagne.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte de correction des marchés internationaux après les fortes tensions qui avaient provoqué une envolée des prix. Les ventes à terme de la campagne principale 2026-2027, réalisées entre mars et juin, auraient conduit le régulateur à proposer au gouvernement une fourchette comprise entre 1 200 et 1 500 FCFA le kilogramme. Le montant finalement envisagé se situerait ainsi à la limite inférieure de cette proposition.
Pour les producteurs, l’enjeu dépasse la seule évolution du prix affiché. La rémunération effectivement perçue doit être appréciée au regard des dépenses engagées pour l’entretien des plantations, l’achat des intrants, la main-d’œuvre, le transport et le renouvellement du verger. En l’absence de données consolidées sur ces différents postes, il serait toutefois prématuré de conclure à une amélioration ou à une dégradation précise du revenu net agricole.
La question concerne également l’équilibre économique de l’ensemble de la chaîne de commercialisation. La baisse des cours internationaux peut affecter les conditions de financement des achats, l’écoulement des stocks et les capacités de paiement des opérateurs. Des difficultés comparables ont été signalées au Ghana, autre acteur majeur de la production mondiale. Cette situation souligne les limites auxquelles sont confrontés les systèmes de commercialisation lorsque les prix intérieurs garantis doivent s’ajuster à des marchés internationaux volatils.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dispose, à travers son mécanisme de prix garanti, d’un instrument déterminant pour encadrer la rémunération des planteurs et organiser la commercialisation. Mais la stabilité du prix officiel ne suffit pas, à elle seule, à garantir la stabilité des revenus agricoles.
En définitive, le maintien éventuel du kilogramme à 1 200 FCFA poserait moins la question de la seule fixation administrative du prix que celle de sa soutenabilité économique pour les exploitations rurales. L’arbitrage attendu devra concilier les réalités du marché international, les capacités financières de la filière et la protection du revenu des producteurs. Seule une annonce officielle permettra de confirmer le niveau de rémunération retenu pour la campagne 2026-2027.











