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Éthiopie : une frappe de drone contre un camp de déplacés fait au moins 15 morts en Amhara

photo d'illustration

Une série de frappes de drones a touché, le 29 octobre 2026, le camp de déplacés de Jari 2, dans la région éthiopienne de l’Amhara. Le bilan provisoire fait état d’au moins 15 morts, dont cinq enfants, et de 36 blessés, selon des sources citées par Reuters le 30 octobre. L’attaque intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes et de fragilisation des populations civiles contraintes de fuir les violences.

Au nord de l’Éthiopie, la région de l’Amhara est de nouveau confrontée aux conséquences meurtrières d’opérations militaires affectant des populations civiles. Le camp de Jari 2, situé dans la zone de South Wollo, accueillait plus de 1 700 personnes déplacées par des violences antérieures. C’est dans cet espace de refuge que plusieurs explosions attribuées à des drones ont provoqué de lourdes pertes humaines, selon les témoignages recueillis par Reuters auprès de personnes impliquées dans les opérations de secours.

D’après un représentant communautaire cité par l’agence de presse, environ cinq explosions ont été entendues lors de l’attaque. Treize victimes ont été enterrées directement sur le site, tandis que deux autres personnes, initialement blessées, ont succombé à leurs blessures dans un établissement hospitalier de Hayk, localité située à environ 17 kilomètres du camp. Parmi les personnes décédées figurent cinq enfants. Un responsable local a, pour sa part, indiqué que 36 blessés devaient bénéficier d’une prise en charge médicale.

Les circonstances précises de cette opération demeurent toutefois insuffisamment établies. Les sources interrogées par Reuters n’ont pas permis d’identifier les auteurs de la frappe ni d’en déterminer les motivations. Elles ont également indiqué qu’aucun affrontement n’était en cours à proximité immédiate du camp au moment des explosions, même si des membres du mouvement Fano, engagé dans l’insurrection armée en Amhara, se trouvaient dans les environs. Aucune responsabilité ne peut donc être attribuée sur la seule base des informations actuellement disponibles.

Le bilan humain rapporté par les médias présente par ailleurs des différences. Reuters avance au moins 15 morts, tandis que d’autres témoignages relayés par des médias font état de 16, voire 18 décès. Ces écarts illustrent les difficultés de vérification dans une zone affectée par les violences. Ils nécessitent de distinguer les premières estimations des chiffres qui pourraient être confirmés ultérieurement.

Après les frappes, plusieurs survivants ont quitté le camp pour trouver refuge dans une école, selon un habitant de Hayk cité par Reuters. Leur déplacement souligne la précarité de personnes déjà contraintes d’abandonner leurs lieux de résidence en raison des affrontements.

L’incident survient alors que l’Éthiopie traverse une période de tensions multiples. En Amhara, les forces gouvernementales affrontent depuis 2023 des combattants Fano. Dans le nord, les relations entre Addis-Abeba et les forces issues du conflit du Tigré connaissent également de nouvelles tensions. À cela s’ajoute le différend avec l’Érythrée, accusée par les autorités éthiopiennes de soutenir des forces rebelles, ce qu’Asmara dément.

Au-delà du bilan immédiat, la frappe de Jari 2 remet au premier plan la question de la protection des personnes déplacées dans les zones de conflit. Leur présence dans des espaces exposés aux opérations militaires pose un enjeu majeur de prévention des pertes civiles et de respect du droit international humanitaire. L’établissement des responsabilités, une enquête indépendante sur les circonstances de l’attaque et la prise en charge des survivants constituent désormais des questions essentielles pour éclairer cet événement.

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