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Éthiopie : Mekelle reprise par les forces gouvernementales, le Tigré replonge dans une nouvelle guerre

La capitale du Tigré, Mekelle, est repassée sous le contrôle des forces gouvernementales éthiopiennes et de leurs alliés après le retrait des combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Cette évolution intervient moins de deux semaines après la reprise des combats dans le nord du pays. Elle ravive les inquiétudes concernant la stabilité du Tigré et les tensions croissantes dans la Corne de l’Afrique.

Les forces fédérales éthiopiennes et des combattants alliés sont entrés dans Mekelle après le retrait annoncé des forces du TPLF, qui dirige l’administration régionale du Tigré. Selon Reuters, plusieurs sources, dont une source humanitaire et un habitant de la ville, ont confirmé la présence et le contrôle des forces gouvernementales dans la capitale régionale. Le TPLF a lui-même reconnu son retrait et indiqué que l’administration régionale fonctionnerait temporairement depuis un autre lieu.

Cette évolution intervient après plusieurs jours d’affrontements intenses. Les hostilités avaient repris le 23 septembre, lorsque le TPLF et plusieurs organisations politiques et militaires avaient engagé une nouvelle offensive contre les forces fédérales. Le conflit avait rapidement gagné plusieurs secteurs du Tigré ainsi que des zones voisines. Le 3 octobre, les forces gouvernementales avaient déjà repris le contrôle de l’aéroport international Alula Aba Nega de Mekelle, un point stratégique pour l’accès à la capitale régionale.

La reprise de Mekelle constitue un revers important pour le TPLF, mais elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à la fin des combats. La guerre précédente, qui avait opposé les autorités fédérales et les forces tigréennes entre 2020 et 2022, avait déjà montré que le contrôle de la capitale régionale pouvait évoluer rapidement. L’accord de cessation des hostilités signé à Pretoria le 2 novembre 2022 avait mis fin à cette guerre, sans toutefois éliminer toutes les tensions politiques et sécuritaires.

La dimension régionale constitue désormais un autre facteur de préoccupation. Addis-Abeba accuse l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir l’alliance opposée au gouvernement éthiopien. Ces trois pays contestent ces accusations. La crise diplomatique avec Asmara s’est notamment aggravée après la décision éthiopienne de fermer son ambassade en Érythrée et d’expulser des diplomates érythréens. L’Érythrée a ensuite annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie.

Face à cette dégradation, l’Union africaine appelle à la retenue, au maintien des canaux de communication et au recours aux moyens diplomatiques. Dans une clarification publiée le 4 octobre, la Commission de l’Union africaine a précisé que ses déclarations ne visaient pas à attribuer une responsabilité aux États voisins, mais à prévenir une extension de la crise.

La situation demeure donc instable. La reprise de Mekelle modifie le rapport de force immédiat, mais l’évolution du conflit dépendra notamment de la capacité des protagonistes à éviter une nouvelle escalade et à renouer avec le processus politique interrompu.

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