
Le shilling ougandais a atteint, le 1er octobre, son niveau le plus faible jamais enregistré face au dollar, dans un contexte de forte demande de devises par les importateurs. La pression touche également le cedi ghanéen, tandis que le kwacha zambien est exposé à la hausse des coûts énergétiques. Au Kenya, le shilling est resté relativement stable, illustrant des trajectoires monétaires différentes en Afrique.
Le shilling ougandais s’est échangé jusqu’à 3 965-3 975 unités pour un dollar, contre 3 925-3 935 à la clôture de la semaine précédente, selon les données de LSEG rapportées par Reuters. Cette évolution constitue un nouveau plus bas historique pour la monnaie ougandaise. Des opérateurs cités par l’agence attribuent cette pression à une demande accrue de dollars de la part des importateurs d’énergie et de marchandises, notamment à l’approche d’une période traditionnellement marquée par une forte activité d’importation.
La situation intervient alors que les marchés énergétiques internationaux restent soumis à des tensions. Selon Reuters, les importateurs d’énergie ougandais continuent notamment de rechercher des devises pour financer leurs achats. La Banque centrale de l’Ouganda avait, deux semaines auparavant, relevé le coefficient de réserves obligatoires imposé aux banques. Elle a toutefois indiqué ne pas prévoir de ventes directes de dollars pour intervenir sur le marché des changes.
En Zambie, la pression sur les coûts d’importation s’est manifestée directement sur les carburants. Le régulateur de l’énergie a relevé d’environ 24 % les prix de l’essence et du diesel. L’ajustement a été attribué à la progression des cours internationaux du pétrole, à l’évolution du kwacha et au rétablissement des droits d’accise sur les importations de carburant. Le prix de l’essence est ainsi passé de 25,29 à 31,46 kwachas le litre, tandis que celui du diesel a augmenté de 26,86 à 33,27 kwachas.
Au Ghana, le cedi s’est également affaibli, passant de 11,60 à 11,70 pour un dollar en une semaine. Reuters rapporte que cette évolution s’inscrit dans un contexte de demande persistante de dollars et de liquidité limitée sur le marché. À l’inverse, le shilling kényan est demeuré relativement stable, les banques commerciales l’ayant coté autour de 129,45-129,65 pour un dollar, contre 129,35-129,55 la semaine précédente.
Ces mouvements illustrent l’importance des marchés des changes dans les économies africaines fortement dépendantes des importations. Une monnaie qui se déprécie renchérit mécaniquement le coût, en monnaie locale, des produits facturés en dollars. Lorsque cette dynamique concerne l’énergie, elle peut également se transmettre aux transports et aux coûts de production. Les autorités monétaires doivent alors arbitrer entre plusieurs objectifs, notamment la stabilité des prix, la liquidité en devises et le soutien à l’activité économique.
La situation observée au 1er octobre ne permet toutefois pas de tirer une conclusion générale sur l’évolution future des monnaies africaines. Les données montrent plutôt des situations différenciées selon les économies, leurs besoins en devises, leur exposition aux importations énergétiques et leurs mécanismes de politique monétaire. Le shilling ougandais, le cedi ghanéen, le kwacha zambien et le shilling kényan offrent ainsi, à la même période, quatre configurations distinctes face aux tensions du marché des changes.










