
L’Union africaine appelle l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à privilégier le dialogue face à une dégradation de leurs relations diplomatiques. Les expulsions réciproques de diplomates et la rupture des relations entre Addis-Abeba et Asmara accentuent les tensions régionales. Cette crise intervient dans un contexte marqué par la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie et des désaccords persistants sur l’accès à la mer Rouge. La capacité des mécanismes diplomatiques africains à contenir cette situation constitue désormais un enjeu majeur.
Le 2 octobre 2026, la Commission de l’Union africaine a appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à faire preuve de retenue et à privilégier les voies diplomatiques pour prévenir une aggravation de la crise. Cette démarche intervient après une succession de mesures affectant les relations entre les trois pays, dans une région où les enjeux sécuritaires, territoriaux et stratégiques demeurent étroitement liés.
Le 1er octobre, les autorités éthiopiennes ont ordonné la fermeture de leur ambassade en Érythrée et l’expulsion de dix diplomates érythréens. En réaction, Asmara a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin. Parallèlement, Addis-Abeba et Le Caire ont également procédé à des expulsions réciproques de diplomates, élargissant ainsi les tensions au-delà du seul axe éthiopien-érythréen.
Ces mesures constituent une détérioration supplémentaire des relations officielles entre les États concernés. La fermeture d’une ambassade et l’expulsion de représentants diplomatiques réduisent les possibilités de communication institutionnelle directe, même si d’autres canaux peuvent être maintenus ou mobilisés. L’appel de l’Union africaine vise notamment à préserver ces possibilités de dialogue et à éviter que les différends politiques ne se traduisent par une confrontation plus large.
La situation s’inscrit dans un environnement régional déjà fragilisé par la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie. Elle intervient également sur fond de désaccords concernant l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge. Pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, l’Éthiopie accorde une importance stratégique à ses débouchés maritimes, qui conditionnent une partie de ses échanges commerciaux et de ses connexions logistiques internationales.
Les relations entre Addis-Abeba et ses voisins sont également affectées par des accusations de soutien à des groupes opposés au gouvernement éthiopien. Ces accusations, attribuées aux autorités éthiopiennes, sont contestées par les pays concernés. En l’absence d’éléments indépendamment établis permettant de trancher ces allégations, elles doivent être distinguées des faits diplomatiques constatés.
Dans ce contexte, l’Union africaine est confrontée à un défi de prévention des conflits : maintenir des espaces de discussion entre des gouvernements dont les relations se dégradent, tout en tenant compte des préoccupations sécuritaires de chacun. Son appel à la retenue constitue une démarche diplomatique, mais son efficacité dépendra de la disposition des parties à renouer le dialogue et à rechercher des mécanismes de désescalade.
En définitive, l’évolution de cette crise dépendra des décisions prises par Addis-Abeba, Asmara et Le Caire dans les prochains jours. Le maintien de canaux de communication, la clarification des différends et le recours à des initiatives diplomatiques pourraient contribuer à limiter les risques d’une extension régionale. Pour l’Union africaine, l’enjeu est de favoriser une désescalade durable sans se substituer aux responsabilités des États concernés.











