
Le système sanitaire sénégalais connaît une nouvelle séquence de perturbations avec la reconduction d’un mouvement de grève des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a appelé ses membres à observer 72 heures de grève, du 28 au 30 septembre 2026, sur l’ensemble du territoire. Seules les urgences doivent être assurées durant cette période.
Le mouvement intervient après deux journées de grève les 23 et 24 septembre. À l’issue de leur évaluation, le Bureau exécutif national (BEN) du SAMES, réuni le 25 septembre en session extraordinaire avec le Comité exécutif national (CEN), le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) et l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal (AIAIHS), a décidé de reconduire le mot d’ordre.
Selon le SAMES, la précédente mobilisation des 23 et 24 septembre aurait enregistré un taux d’observance de 99,64 %. Ce chiffre émane du syndicat et n’est pas présenté par les sources consultées comme le résultat d’une évaluation indépendante. Le mouvement actuel couvre l’ensemble du territoire national et prévoit, conformément aux orientations du BEN, le maintien des activités liées aux urgences.
Cette nouvelle grève s’inscrit dans un mouvement social engagé depuis plusieurs semaines. Le SAMES avait déjà annoncé des journées de 48 heures en septembre, notamment les 16 et 17, puis les 23 et 24 septembre. Le syndicat avait auparavant expliqué que ses revendications portaient notamment sur une plateforme déposée auprès des autorités et dont il estime que plusieurs points n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Dès le 31 août, l’Agence de presse sénégalaise rapportait que cette plateforme remontait à 2023.
Du côté des autorités sanitaires, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique avait réaffirmé, lors de la précédente séquence de septembre, son ouverture au dialogue et son engagement à assurer la continuité des soins. Le ministère indiquait également qu’une rencontre technique avait été organisée pour examiner les différents points de la plateforme revendicative du SAMES.
Le SAMES affirme toutefois qu’en dépit des démarches entreprises auprès du ministère, il ne constate pas d’avancées qu’il considère comme suffisantes sur ses revendications. C’est sur cette base que le syndicat justifie la reconduction et le durcissement du mouvement. Les organisations associées à la décision du 25 septembre ont également été intégrées au dispositif annoncé pour les trois journées.
Au 29 septembre, la grève se poursuit donc pour sa deuxième journée. Le principal enjeu immédiat concerne la continuité des services de santé non urgents pendant les trois jours du mouvement, tandis que le dialogue entre les représentants des professionnels et les autorités sanitaires demeure au centre de la gestion du différend. La journée du 30 septembre doit marquer l’échéance de ce nouveau mot d’ordre de 72 heures, sous réserve d’une éventuelle décision ultérieure du syndicat.











