
Au Cameroun, au moins 73 femmes auraient été tuées dans des affaires qualifiées de féminicides entre janvier et septembre 2026, selon des données du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille rapportées par les médias publics. Ces chiffres interviennent après plusieurs affaires mortelles enregistrées en août, notamment à Yaoundé et Douala. Le gouvernement a engagé plusieurs mesures de prévention et de prise en charge, tandis que les autorités appellent à une vigilance accrue.
Le bilan communiqué pour les neuf premiers mois de l’année donne une moyenne d’environ deux femmes tuées chaque semaine. Il marque également la poursuite d’une progression déjà relevée par les autorités camerounaises. Lors d’une conférence de presse gouvernementale en juin, le ministre de la Communication avait indiqué que 50 femmes avaient été assassinées en 2023, contre 67 en 2024 et 77 en 2025. Les données disponibles pour 2026 doivent toutefois être distinguées selon leur période et leur méthode de recensement.
Plusieurs affaires survenues en août ont contribué à placer la question au centre de l’actualité nationale. À Yaoundé, Diane Yidi Ebabi, 19 ans, a été étranglée par son compagnon à la suite d’une dispute, selon la CRTV. Dans la même ville, une mère de trois enfants a été tuée et décapitée le 21 août. Son compagnon, qui avait quitté Yaoundé avec les enfants pour Kumba, dans la région du Sud-Ouest, a ensuite été arrêté. À Douala, Modestine, âgée de 34 ans, a été tuée au couteau par son mari devant leurs deux jeunes enfants, le 22 août.
La concentration des cas sur une courte période a également retenu l’attention des autorités. La CRTV a fait état d’au moins huit femmes tuées dans des circonstances violentes ou suspectes sur environ huit jours en août. Le Conseil national de la Communication a, pour sa part, appelé les médias à une couverture attentive de ces affaires, notamment dans le choix des images, des titres et des témoignages, afin de préserver la dignité et la mémoire des victimes.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures depuis juin. Elles comprennent notamment l’ouverture progressive d’une centaine d’abris temporaires pour les victimes de violences, l’assistance judiciaire ainsi que la mise en place progressive de « Gender Desks » dans les commissariats et brigades de gendarmerie.
Les chiffres disponibles montrent ainsi une progression préoccupante du nombre de femmes tuées au cours des dernières années, tout en soulignant la nécessité de poursuivre l’identification précise des cas et de leurs circonstances. Pour les autorités comme pour les acteurs de la société civile, l’enjeu porte désormais sur la prévention des violences, l’accès aux mécanismes de protection et la réponse judiciaire aux faits établis.











