
La Cour pénale internationale a déclaré Mahamat Said Abdel Kani coupable de crimes contre l’humanité commis à Bangui en 2013. L’ancien responsable de la Séléka a été reconnu coupable de quatre catégories de crimes, après un procès marqué par l’audition de 61 témoins et l’examen de milliers de pièces. La détermination de sa peine doit intervenir lors d’une audience distincte.
La Cour pénale internationale (CPI) a rendu, le 23 septembre 2026, son jugement dans l’affaire opposant le procureur à Mahamat Said Abdel Kani, ancien membre de haut rang de la coalition Séléka en République centrafricaine. La Chambre de première instance VI l’a déclaré coupable, au-delà de tout doute raisonnable, de crimes contre l’humanité commis à Bangui en 2013.
Les juges ont retenu quatre catégories de crimes : l’emprisonnement ou toute autre forme de privation grave de liberté physique, la torture, la persécution et d’autres actes inhumains. Selon le jugement présenté par la Cour, ces faits sont liés aux violences intervenues dans la capitale centrafricaine durant la période couverte par les charges.
Le procès, ouvert en septembre 2022, s’est déroulé sur plusieurs années. La CPI indique que 130 audiences ont été consacrées à cette procédure. La Chambre a entendu 58 témoins cités par l’Accusation et trois par la Défense, tandis que 3 863 pièces ont été officiellement admises comme éléments de preuve. Trente-deux victimes, représentées dans la procédure, ont également été autorisées à participer au procès.
Mahamat Said avait été remis à la CPI par les autorités centrafricaines le 24 janvier 2021. Le mandat d’arrêt le visant avait été délivré sous scellés en janvier 2019. En décembre 2021, la Chambre préliminaire avait partiellement confirmé les charges portées contre lui et ordonné son renvoi devant une chambre de première instance.
Le dossier portait également sur des accusations de crimes de guerre. D’après Reuters, les juges ont écarté plusieurs de ces charges, estimant que, pour les faits concernés, le conflit armé avait déjà pris fin au moment où ils auraient été commis. Said avait plaidé non coupable et contesté les accusations portées contre lui.
Cette décision intervient dans le cadre plus large des procédures judiciaires liées aux violences qui ont accompagné la crise centrafricaine. La CPI enquête sur la situation dans le pays depuis 2014, tandis que la Cour pénale spéciale centrafricaine participe également au processus national de justice. Les procédures internationales et nationales constituent ainsi deux volets distincts de la réponse judiciaire aux crimes commis pendant les différentes phases du conflit.
La déclaration de culpabilité de Mahamat Said constitue une nouvelle décision de la CPI concernant les violences de 2013 en République centrafricaine. Elle ne clôt toutefois pas immédiatement la procédure : la Cour doit encore déterminer la peine qui lui sera applicable, une audience distincte étant prévue à cette fin.











