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Afrique : le boom du ciment accroît la pression sur les systèmes énergétiques

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La progression des besoins en logements, infrastructures et équipements soutient la demande de ciment sur le continent africain. Cette dynamique industrielle s’inscrit dans un contexte où la consommation d’énergie augmente avec l’urbanisation et l’activité économique. Le ciment, dont la fabrication nécessite d’importantes quantités d’énergie, se trouve ainsi au croisement des enjeux d’industrialisation, d’accès à l’électricité et de réduction des émissions.

L’Afrique représente aujourd’hui environ 6 % de la consommation énergétique mondiale, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), alors qu’elle devrait abriter près d’un cinquième de la population mondiale d’ici 2030. Plus de 600 millions de personnes y vivent encore sans accès à l’électricité, ce qui souligne l’écart entre les besoins de développement et les capacités énergétiques disponibles.

Dans ce contexte, l’expansion des activités industrielles ajoute une demande supplémentaire. L’AIE estime que l’Afrique construira, d’ici 2030, une superficie de bâtiments supérieure à celle actuellement existante au Japon et en Corée du Sud réunis. Cette évolution devrait contribuer à accroître sensiblement les besoins en acier et en ciment, parallèlement à ceux liés aux transports, à l’agriculture, aux centres de données et aux chaînes du froid.

Les perspectives du marché cimentier confirment cette tendance. Selon une analyse publiée par World Cement, la demande de ciment en Afrique devrait progresser de plus de 4 % en 2025 et en 2026, avec notamment une forte activité attendue en Afrique du Nord. En Afrique subsaharienne, le marché devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 3,1 % entre 2025 et 2034, portée notamment par l’urbanisation et les projets d’infrastructures.

Cette progression implique toutefois des besoins énergétiques importants. La fabrication du ciment figure parmi les activités industrielles fortement consommatrices d’énergie. À l’échelle mondiale, le secteur constitue le troisième consommateur industriel d’énergie et le deuxième émetteur industriel de CO₂, selon l’AIE. Les émissions ne proviennent d’ailleurs pas uniquement de l’énergie utilisée : une partie résulte directement de la transformation du calcaire lors de la fabrication du clinker.

Pour les économies africaines, l’enjeu consiste donc à accompagner l’industrialisation sans aggraver les contraintes existantes sur les réseaux électriques et les approvisionnements énergétiques. L’AIE souligne que la demande énergétique africaine devrait continuer à progresser et que les investissements dans l’énergie devront plus que doubler d’ici 2030 pour répondre simultanément aux objectifs de développement, d’accès à l’énergie et de transition énergétique.

Le développement du ciment traduit ainsi une réalité plus large : construire davantage nécessite non seulement des matériaux, mais aussi une capacité énergétique capable de soutenir durablement la production industrielle. Pour les États africains et leurs partenaires, l’évolution de cette industrie constitue donc l’un des indicateurs à suivre dans la planification conjointe des infrastructures, de l’énergie et de l’urbanisation.

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