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Tchad : des personnes vivant avec un handicap s’engagent pour la cohésion sociale à N’Djamena

photo d'illustration


Confronté ces derniers mois et depuis toujours à des conflits communautaires qui mettent à mal la construction d’une véritable nation, le Tchad a besoin de la contribution de tous ses enfants pour une coexistence pacifique, de la consolidation de la paix, du vivre-ensemble.

Depuis son existence en 2016, AKDROPH (association ‘’Kos – Ndo – Reou’’) réunit les personnes vivant avec un handicap. Située dans le quartier Chagoua au 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, cette association a eu l’ingénieuse initiative d’organiser un focus groupe axé sur une « Participation citoyenne à la cohésion sociale au cœur du vivre-ensemble » le 24 juillet 2025.

Grace Isselé, la chargée de programmes de EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique), a souligné que cette activité dont son organisme en est un partenaire technique, s’est tenue grâce à l’appui financier de l’Union européenne, dans le cadre du Projet ACTE. Ainsi elle a, dans la foulée, lancé un appel à « encourager d’autres partenaires à appuyer de manière plus structurée les Organisations des Personnes Handicapées (OPH), véritables acteurs de transformation sociale ».

Eviter le repli sur soi et s’ouvrir aux autres   

 « Cet atelier sur la cohésion sociale m’a permis de comprendre beaucoup de choses : les personnes vivant avec un handicap doivent s’impliquer dans la vie sociale du pays par l’éducation, la sensibilisation et l’inclusion. Des thématiques développées par la vice-présidente de Conseil économique social et environnemental, et le président de l’AKDROPH qui ont été très bénéfiques pour la suite de nos actions futures » ; s’est réjoui Serge Mahamat, le président de la coordination des acteurs de développement des personnes handicapées du Tchad.

En développant la thématique sur la « problématique de la cohésion sociale et défis du vivre ensemble, réseaux sociaux », la vice-présidente du Conseil économique social et environnemental Lucienne Djenonyom épse Ngondigam a encouragé les personnes vivant avec un handicap de ne pas s’exclure de la société, de prendre la place qui est la leur au sein du tissu social afin d’apporter leurs différentes contributions pour la construction du pays. Elle a estimé que plusieurs personnes vivant avec un handicap avaient une attitude de repli sur soi, ce qui, à son avis, est un frein à l’ouverture de l’autre.

Par ailleurs, la stigmatisation des personnes vivant avec un handicap sur les réseaux sociaux, doit être condamnée et sanctionnée conformément aux lois de la République. En ce qui concerne celle qui est enseignante de formation, la mauvaise utilisation des réseaux sociaux « enfonce le clou de la division, de l’exclusion, du rejet de l’autre ».

En développant le second thème à savoir « la participation citoyenne », Severin Madjitelsem, le président de l’AKDROPH a estimé que la question des personnes vivant avec un handicap est beaucoup plus une problématique des droits de l’homme. Alors il est important de se battre pour réclamer ces droits et en jouir concrètement. A cet effet, il a lancé un appel à ses frères et sœurs qui sont dans la même situation que lui de ne pas adopter une attitude défaitiste, de créer ou d’impulser une synergie d’actions visant à se faire entendre, à se faire comprendre et se faire respecter.

A la suite des travaux en groupes au cours desquels les participants devaient apporter notamment leurs réflexions sur des expressions telles que citoyen, individu, citoyenneté, nationalité, quelques recommandations ont été notées. Elles seront transmises en haut lieu comme contribution de l’association. Ce sont : la sensibilisation sur l’acceptation de l’autre, l’éducation inclusive, l’égalité et l’équité, la participation des leaders et le renforcement de leurs capacités, le respect des droits de l’homme, la représentation dans les instances de décision et le dialogue intercommunautaire.

Ainsi, à la suite de cette rencontre, confiante en l’avenir au sujet du respect des droits des personnes vivant avec un handicap, Febo Eugénie Minguyo a exprimé sa satisfaction d’avoir « pris part à cette formation où des leaders ont parlé des problèmes qui touchent les personnes vivant avec un handicap ».


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