
Le major-général Abu Ubieda Fadlallah Ibrahim, directeur de la sécurité militaire et directeur adjoint du renseignement militaire de l’armée soudanaise, a été tué mardi matin lors d’une attaque de drones sur le bâtiment du renseignement militaire dans le district de Kafouri, à Khartoum Bahri. Des sources sécuritaires et des résidents locaux ont rapporté.
Cette attaque marque l’une des escalades les plus sévères de la guerre civile en cours au Soudan, où les Forces de soutien rapide (RSF), un groupe paramilitaire puissant, utilisent de plus en plus des drones pour frapper des cibles militaires stratégiques. Depuis leur éviction de Khartoum plus tôt cette année, les RSF ont intensifié leurs opérations aériennes, démontrant une capacité croissante à mener des frappes précises sur des installations militaires.
Le conflit soudanais, qui oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide, a éclaté en avril 2023 dans un contexte de rivalité pour le contrôle du pouvoir politique après la chute d’Omar el-Béchir en 2019 et l’échec des transitions civiles. Khartoum, capitale politique et économique, est régulièrement le théâtre de violences et les frappes de drones viennent accentuer l’instabilité déjà dramatique.
Les analystes estiment que l’élimination d’un officier de haut rang comme le major-général Fadlallah pourrait avoir des répercussions importantes sur la structure de commandement de l’armée soudanaise et sur l’équilibre des forces dans la capitale. Ces frappes soulignent également l’usage croissant de la guerre aérienne sans pilote dans le conflit, une tactique qui complique les efforts de médiation et augmente les risques pour les civils et les infrastructures sensibles.
Les résidents de Khartoum Bahri rapportent un climat de peur et d’incertitude, avec des rues souvent désertes lors des frappes et une suspension partielle des services publics dans certaines zones. Les acteurs internationaux continuent d’appeler à un cessez-le-feu et à des négociations, mais la complexité du conflit, mêlant luttes politiques, économiques et tribales, rend toute résolution à court terme incertaine.
La mort du major-général Fadlallah illustre à quel point la guerre au Soudan, aujourd’hui caractérisée par des attaques ciblées de haute technicité, reste imprévisible et meurtrière. Pour les observateurs, chaque nouveau développement militaire à Khartoum pourrait modifier l’équilibre fragile entre les forces en présence et accroître le risque d’une escalade régionale, avec des conséquences humanitaires lourdes pour la population civile.










