
Au Soudan, les coupures d’électricité se prolongent dans plusieurs zones contrôlées par l’armée, perturbant les activités économiques et l’accès aux services essentiels. La dégradation du réseau résulte à la fois des dommages causés aux infrastructures par la guerre et de contraintes techniques, financières et énergétiques. Cette situation intervient alors que 33,7 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en 2026.
Les coupures d’électricité constituent désormais un problème supplémentaire pour les populations vivant dans les zones où les forces armées soudanaises exercent leur contrôle. À Omdurman, notamment, des travailleurs et des commerçants rapportent des interruptions répétées qui empêchent certaines activités de fonctionner normalement. Les conséquences touchent également les ménages, confrontés à des difficultés pour conserver les aliments, cuisiner ou utiliser certains équipements domestiques. Le recours aux groupes électrogènes demeure limité par le coût élevé du carburant.
La dégradation du réseau électrique s’inscrit dans un contexte plus large de destruction des infrastructures civiles. En mai 2025, les Nations unies avaient déjà signalé que des attaques contre des centrales électriques, des sous-stations hydrauliques et des infrastructures pétrolières avaient provoqué des interruptions d’électricité et perturbé l’accès à l’eau potable, aux soins et à l’alimentation. L’ONU avait également fait état d’attaques contre des infrastructures à Port-Soudan, alors principal centre logistique de l’aide humanitaire.
Les causes des coupures ne sont toutefois pas exclusivement liées aux attaques. En juillet 2026, le ministère soudanais de l’Énergie et du Pétrole a attribué une partie des difficultés à l’interruption des approvisionnements électriques provenant d’Éthiopie, à l’augmentation de la demande pendant la période de fortes chaleurs et à l’arrêt de plusieurs unités de production pour des opérations de maintenance. Certaines régions auraient connu des coupures dépassant 18 heures par jour.
La question des responsabilités demeure également controversée. Les autorités et des sources favorables à l’armée accusent les Forces de soutien rapide (RSF) d’avoir pris pour cible certaines infrastructures électriques. Les RSF contestent ces accusations et les qualifient de propagande de l’armée. Les Nations unies, de leur côté, ont documenté plusieurs dommages causés à des infrastructures énergétiques sans attribuer systématiquement chaque incident à une partie.
L’impact humanitaire est considérable. Selon l’UNICEF, 33,7 millions de personnes avaient besoin d’assistance au premier semestre 2026 et plus de 9,1 millions étaient déplacées à l’intérieur du pays. L’organisation indique également que ses interventions dans le secteur de l’eau ont permis de fournir un accès à l’eau potable à 6,6 millions de personnes.
Dans ce contexte, l’électricité dépasse la seule question du confort domestique : elle conditionne le fonctionnement des stations d’eau, des établissements de santé, des chaînes du froid et d’une partie de l’activité économique. En juin, une attaque contre une sous-station électrique à El-Obeid avait notamment été associée à l’arrêt de stations d’eau et à la fermeture de plusieurs structures médicales, dont un centre de dialyse.
La crise électrique soudanaise apparaît ainsi comme l’une des conséquences de la combinaison entre destruction des infrastructures, difficultés de maintenance, contraintes d’approvisionnement et intensification des besoins. Sa résolution dépendra autant de la sécurisation des installations civiles que de la capacité à rétablir durablement la production et la distribution d’énergie dans un pays toujours confronté à une crise humanitaire majeure.








