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Soudan–Éthiopie : Khartoum saisit l’ONU et l’Union africaine après des accusations de drones

conseil de sécurité de l'onu

Les autorités soudanaises ont saisi le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, accusant l’Éthiopie de laisser les Forces de soutien rapide (FSR) utiliser son territoire pour mener des attaques de drones. Addis-Abeba conteste ces accusations et met en cause des acteurs soudanais. Cette démarche ouvre un nouveau front diplomatique dans une guerre dont les répercussions dépassent déjà les frontières du Soudan.

Annoncée le 1er novembre par le ministère soudanais des Affaires étrangères, la saisine vise à internationaliser un différend que Khartoum présente comme une atteinte à sa souveraineté nationale. Selon l’AFP et l’agence Anadolu, les autorités affirment avoir transmis des documents relatifs à l’utilisation présumée du territoire éthiopien pour lancer des drones contre des installations civiles et des infrastructures essentielles. Khartoum demande que ces activités cessent et que les responsabilités soient examinées.

Le Conseil de souveraineté de transition, dirigé par l’armée, avance un bilan de 70 attaques entre le 15 février et le 27 octobre 2026, impliquant 187 drones d’attaque à sens unique et 82 munitions tirées par des drones stratégiques. Le rapport soudanais fait état de 484 civils tués ou blessés. Ces données proviennent des autorités de Khartoum : elles ne constituent pas, à ce stade, des conclusions indépendamment établies confirmant chaque attaque, son origine et son bilan. Elles forment néanmoins le cœur du dossier présenté aux instances internationales.

La question est sensible, car des frappes récentes ont visé des installations électriques dans plusieurs États soudanais. Les perturbations de l’approvisionnement affectent les services essentiels et peuvent aggraver les difficultés d’une population déjà éprouvée par la guerre. Le recours accru aux drones permet également aux belligérants de frapper à distance des lignes de front, élargissant ainsi l’espace géographique des opérations.

L’Éthiopie rejette les accusations de soutien aux FSR. Son ministère des Affaires étrangères avait qualifié les allégations soudanaises d’infondées et accusé, en retour, des éléments de l’armée soudanaise de soutenir des combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré. Khartoum a rejeté ces griefs. Les versions contradictoires ne permettent donc pas, en l’état des informations publiques, de conclure à une responsabilité de l’État éthiopien.

Cette escalade intervient alors que la guerre entre l’armée soudanaise et les FSR, déclenchée en avril 2023, provoque une grave crise humanitaire. Le 2 novembre, l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU ont réaffirmé leur inquiétude, appelé à protéger les civils et insisté sur la nécessité d’une solution politique inclusive. Leur déclaration commune souligne également les risques que le conflit fait peser sur les pays voisins.

La saisine de Khartoum place les institutions africaines et internationales devant un enjeu délicat : examiner des accusations transfrontalières sans transformer des allégations en conclusions. Une vérification indépendante des éléments techniques et le maintien du dialogue entre les deux capitales seront déterminants pour prévenir une détérioration des relations bilatérales. La priorité est d’éviter que la guerre soudanaise ne devienne une crise régionale plus vaste.

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