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Soudan du Sud : le président Salva Kiir limoge les dirigeants du Parlement dans un contexte politique tendu

Salva Kiir, président de la république du Soudan du sud

Le président sud-soudanais Salva Kiir a procédé, mardi 7 avril 2026, à la révocation du président et du vice-président du Parlement, selon un décret officiel lu devant les députés. Cette décision intervient dans un climat politique assez fragile, marqué par des tensions persistantes au sommet de l’État. Elle suscite des interrogations sur la stabilité des institutions et la mise en œuvre de l’accord de paix.

Dans un décret présidentiel rendu public au sein de l’Assemblée nationale de Soudan du Sud, le chef de l’État a mis fin aux fonctions des deux principaux responsables du pouvoir législatif. Les raisons officielles de cette décision n’ont pas été immédiatement détaillées, mais plusieurs sources politiques évoquent des divergences internes et des luttes d’influence au sein de la coalition au pouvoir.

Cette mesure intervient dans un contexte institutionnel particulièrement délicat. Depuis la signature de l’accord de paix revitalisé en 2018, destiné à mettre fin à cinq années de guerre civile ayant causé près de 400 000 morts selon les estimations de l’ONU, le pays peine à stabiliser ses institutions. Le Parlement, reconstitué en 2021 avec 550 membres dans le cadre du partage du pouvoir entre les factions rivales, joue un rôle central dans la transition politique.

Selon des observateurs, ce limogeage pourrait refléter des tensions croissantes entre les différentes composantes du gouvernement d’unité nationale, notamment entre les partisans du président Kiir et ceux de son rival devenu vice-président, Riek Machar. Bien que ce dernier n’ait pas été directement impliqué dans la décision annoncée mardi, l’équilibre politique reste fragile, et toute modification au sein des institutions clés est susceptible d’avoir des répercussions plus larges.

Sur le plan institutionnel, cette décision soulève également des questions sur le respect des procédures et l’indépendance du pouvoir législatif. Dans plusieurs systèmes démocratiques, la révocation des responsables parlementaires relève généralement d’un processus interne au Parlement lui-même. L’intervention directe de l’exécutif pourrait ainsi être perçue comme une concentration accrue des pouvoirs entre les mains du président.

D’un point de vue politique, ce remaniement pourrait s’inscrire dans une stratégie visant à renforcer le contrôle de l’exécutif à l’approche des prochaines échéances électorales, dont le calendrier reste incertain. Initialement prévues pour 2023, les élections ont été reportées à plusieurs reprises en raison de retards dans la mise en œuvre des réformes prévues par l’accord de paix, notamment la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’unification des forces armées.

Le limogeage des dirigeants du Parlement par le président Salva Kiir marque une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique sud-soudanais. Si cette décision peut être interprétée comme une tentative de consolidation du pouvoir exécutif, elle met également en lumière la fragilité persistante des institutions dans un pays encore en transition.

Dans ce contexte, la capacité des acteurs politiques à préserver le dialogue et à respecter les engagements de l’accord de paix sera déterminante pour la stabilité future du pays.


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