
Le premier jour du Sommet Africa Forward, coorganisé par la France et le Kenya, a été marqué par une série d’annonces économiques et financières en faveur du développement du continent africain. Portées notamment par le groupe AFD et ses partenaires, ces initiatives couvrent des secteurs clés tels que l’énergie, le numérique, les infrastructures, le sport et l’entrepreneuriat. Elles traduisent une dynamique de coopération multilatérale associant institutions africaines, européennes et organisations internationales autour de projets à fort impact. Plusieurs accords ont été signés, mobilisant des financements significatifs et visant à accélérer les transformations structurelles en Afrique.
Au cœur des annonces figure le renforcement de la coopération entre l’Agence française de développement (AFD), sa filiale Proparco et la Banque ouest-africaine de développement (BAOAD). Les trois institutions ont signé de nouveaux accords destinés à intensifier le financement de projets de développement durable dans les pays de l’UEMOA. Ces mécanismes visent en particulier l’économie bleue, l’efficacité énergétique et la résilience climatique, dans une région où les besoins en infrastructures durables restent élevés face aux défis environnementaux croissants.
Dans le secteur énergétique, une déclaration commune a été conclue entre l’AFD, la Banque européenne d’investissement (BEI Monde) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement autour du projet PEDER+. D’un montant global de 173 millions d’euros, ce programme vise à améliorer l’accès à l’électricité de 600 000 personnes au Bénin, soit environ 4 % de la population. Il prévoit 120 000 nouveaux branchements et la construction ou réhabilitation de 4 500 kilomètres de lignes électriques. Inscrit dans l’initiative européenne Global Gateway et la Mission 300 portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, ce projet s’aligne sur l’objectif béninois d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030.
Sur le plan social, le groupe AFD revendique déjà des résultats significatifs dans le secteur du sport. Son engagement de 500 millions d’euros entre 2018 et 2026 a été atteint dès 2026, permettant à plus de 10 millions de jeunes de bénéficier de programmes liés à l’éducation, à la santé et à l’inclusion sociale. En marge du sommet, des projets concrets ont été présentés, notamment la rénovation de terrains sportifs à l’Université de Nairobi en partenariat avec NBA Africa.
Le numérique constitue également un axe stratégique. Un partenariat entre l’AFD et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) prévoit la création d’un réseau panafricain de calcul haute performance (HPC). L’objectif est de renforcer les capacités de recherche et d’innovation en Afrique dans des domaines sensibles tels que le climat, la santé ou l’agriculture. Par ailleurs, une rencontre sur l’intelligence artificielle souveraine à Nairobi, coordonnée avec Digital Africa et l’Africa-Europe Foundation, a mis en avant les enjeux de formation, de gouvernance des données et de développement technologique inclusif.
Enfin, l’entrepreneuriat reste un pilier central avec l’initiative Choose Africa. Depuis 2018, elle a permis de mobiliser environ 3,5 milliards d’euros au bénéfice de plus de 40 000 entreprises africaines, contribuant à la création ou au maintien de plus de 2 millions d’emplois. Une nouvelle phase, lancée en 2023, vise à mieux accompagner les très petites entreprises et à faciliter l’expansion des entreprises françaises en Afrique.
À travers ces annonces, le Sommet Africa Forward confirme la montée en puissance d’une coopération économique structurée entre l’Afrique, la France et ses partenaires européens. Au-delà des déclarations d’intention, les financements mobilisés traduisent une stratégie axée sur les infrastructures, l’innovation et le développement humain. Reste désormais l’enjeu de la mise en œuvre effective de ces engagements dans des contextes nationaux souvent marqués par des défis institutionnels, sécuritaires et financiers persistants.












