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Somalie : un mort lors de la dispersion d’une manifestation antigouvernementale à Mogadiscio

photo d'illustration

La tension politique est montée d’un cran dimanche en Somalie après la mort d’une personne lors d’une manifestation organisée par l’opposition dans la capitale, Mogadiscio. Selon plusieurs responsables de l’opposition et des témoins, les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles pour disperser les protestataires réunis contre le gouvernement du président Hassan Sheikh Mohamud. Les autorités somaliennes contestent toutefois la version de l’opposition et dénoncent une tentative de déstabilisation du pays.

La manifestation avait été convoquée par plusieurs figures de l’opposition sous le slogan « Solidarité avec le peuple ». Les organisateurs dénonçaient notamment les expulsions de populations dans certains quartiers de Mogadiscio, ainsi que la gestion sécuritaire et politique du pouvoir central. Selon des témoins interrogés par des médias internationaux, les autorités avaient préalablement limité les lieux de rassemblement et déployé d’importants effectifs policiers dans plusieurs axes stratégiques de la capitale.

Des dizaines de manifestants se sont finalement regroupés dans le district de Deyniile, au nord de Mogadiscio. C’est dans cette zone que les tirs auraient éclaté. L’ancien Premier ministre et opposant Hassan Ali Khaire a affirmé qu’« un citoyen somalien a été tué et un autre blessé » lors de l’intervention des forces de sécurité. Des témoins ont également évoqué des scènes de panique après les coups de feu, certains affirmant avoir vu des civils touchés par des balles alors que la foule tentait de fuir.

Le gouvernement somalien a rejeté les accusations de répression ciblée. Le président Hassan Sheikh Mohamud a déclaré que les autorités respectaient le droit constitutionnel de manifester, tout en accusant certains participants d’avoir voulu provoquer des troubles armés dans la capitale. « Cela ne signifie pas autoriser le chaos ou l’usage d’armes », a-t-il déclaré devant la presse, selon plusieurs médias.

Cet épisode intervient dans un climat politique particulièrement fragile. Depuis plusieurs mois, les désaccords autour des réformes constitutionnelles et du modèle de gouvernance fédérale alimentent les tensions entre le pouvoir central, certains États régionaux et des figures de l’opposition. Le Puntland, région semi-autonome du nord-est, a notamment contesté plusieurs réformes engagées par Mogadiscio, accentuant les fractures institutionnelles dans le pays.

La Somalie demeure également confrontée à une insécurité chronique liée aux attaques du groupe jihadiste Al-Shabaab. Malgré les offensives militaires menées par l’armée somalienne et ses partenaires internationaux, le mouvement affilié à Al-Qaïda conserve une capacité de nuisance importante, notamment dans le centre et le sud du pays.

La mort d’un manifestant risque désormais d’alimenter davantage la défiance entre l’opposition et le pouvoir, dans un pays où les crises politiques ont souvent débouché sur des violences armées et une paralysie institutionnelle.

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