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Sénégal : le gouvernement annonce un projet de loi pour durcir les peines contre l’homosexualité

photo d'illustration

Au Sénégal, le gouvernement s’apprête à soumettre à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à durcir les peines réprimant les relations homosexuelles. L’annonce intervient dans un contexte sociopolitique particulièrement sensible, marqué par des affaires judiciaires très médiatisées et une pression populaire croissante sur les autorités, appelées à aller plus loin dans l’arsenal répressif existant.

Selon des sources gouvernementales, le texte en préparation entend renforcer les dispositions pénales en vigueur, alors que le pays est secoué par deux affaires distinctes, l’une relative à des pratiques homosexuelles présumées, l’autre à des faits de pédocriminalité, ayant conduit à une série d’arrestations.

Les autorités judiciaires, tout en rappelant le principe de la présomption d’innocence, ont souligné la gravité des faits reprochés et la nécessité de laisser la justice suivre son cours. Dans l’opinion publique, cependant, ces dossiers ont ravivé un débat ancien et passionné autour des normes sociales, de la morale publique et du rôle de l’État dans leur préservation.

Cette tension s’est traduite, samedi 14 février 2026, par une marche pacifique à Dakar, qui a rassemblé plusieurs centaines de manifestants. Venus de divers quartiers de la capitale et de sa périphérie, les participants ont exprimé une revendication présentée comme à la fois sociétale et politique : celle d’une criminalisation explicite de l’homosexualité dans le droit sénégalais. Des slogans et pancartes appelaient les autorités à « aller jusqu’au bout » d’une promesse que les manifestants estiment avoir été formulée lors de la dernière campagne électorale.

Au cœur de ces interpellations figurent le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye, sommés par certains leaders d’opinion et acteurs religieux de traduire en actes des engagements perçus comme implicites. Pour le gouvernement, l’équation est délicate. Il s’agit de répondre à une forte demande interne, tout en préservant l’équilibre institutionnel, le respect des procédures parlementaires et l’image internationale du pays, régulièrement scrutée par ses partenaires.

D’un point de vue juridique, le Sénégal dispose déjà de dispositions pénales réprimant les relations homosexuelles. Le projet de loi annoncé viserait à alourdir les sanctions, une démarche qui soulève des interrogations parmi les juristes et les organisations de défense des droits humains, quant à sa compatibilité avec certains engagements internationaux du pays. Les autorités, de leur côté, insistent sur le caractère souverain de l’initiative et sur la nécessité de tenir compte des réalités socioculturelles nationales.

Dans ce débat, les observateurs appellent à une distinction claire entre les questions d’homosexualité et celles de pédocriminalité, souvent amalgamées dans le discours public. Plusieurs analystes estiment que la confusion des genres risque de brouiller l’appréciation des faits et de complexifier un débat déjà polarisé.

Alors que le texte s’annonce à l’Assemblée nationale, les prochains jours devraient être déterminants pour mesurer la capacité des institutions sénégalaises à canaliser une revendication populaire forte, sans céder à la précipitation ni à la surenchère politique.

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