
La France a officiellement mis fin à sa présence militaire au Sénégal, tournant ainsi une page symbolique de plusieurs décennies de coopération militaire entre Paris et Dakar. La cérémonie de clôture, tenue ce jeudi 17 juillet au camp Geille, la plus grande installation militaire française au Sénégal située à Dakar la capitale, s’est déroulée en présence des hautes autorités militaires sénégalaises et françaises, marquant la fin d’une ère entamée peu après l’indépendance du pays en 1960.
Cette décision s’inscrit dans une reconfiguration plus large de la présence française en Afrique de l’Ouest, amorcée ces dernières années à la suite d’un changement de cap diplomatique et sécuritaire de Paris, mais également dans un contexte régional de remise en question croissante de la présence militaire étrangère.
Le général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l’armée française pour l’Afrique, présent sur place pour l’occasion, a salué « une coopération riche et utile » tout en affirmant que ce départ « ne signifiait pas la fin des liens entre les deux pays ». Du côté sénégalais, le général Mbaye Cissé, chef d’état-major des armées a souligné le caractère « apaisé et respectueux » de ce retrait, tout en réaffirmant leur volonté de maintenir un partenariat stratégique avec la France, mais désormais basé sur « une relation d’égal à égal ».
La présence militaire française au Sénégal était l’une des plus anciennes du continent. Après la fermeture de plusieurs bases françaises en Afrique dans les années 2000, celle de Dakar avait été maintenue dans le cadre d’accords de coopération bilatérale, en particulier dans les domaines de la formation, du renseignement et de l’appui logistique.
Ce retrait marque également la fin de l’activité des Éléments français au Sénégal (EFS), une force qui comptait encore plus de 350 militaires affectés à des missions de soutien et d’entraînement auprès des forces armées sénégalaises.
Si la décision a été saluée par certains comme un signe de souveraineté renforcée du Sénégal, elle suscite aussi des interrogations sur les implications à long terme en matière de sécurité régionale, alors que l’Afrique de l’Ouest continue de faire face à des défis majeurs liés au terrorisme et aux tensions géopolitiques.
Le gouvernement français a précisé que les effectifs concernés seraient redéployés ou rapatriés, et que des formes de coopération militaire non permanentes, comme les formations ponctuelles ou les exercices conjoints, pourraient être maintenues à l’avenir, à la demande des autorités sénégalaises.
Ce départ, bien qu’attendu depuis plusieurs mois, symbolise un tournant dans la relation entre la France et ses anciens partenaires africains, désormais davantage orientée vers des partenariats civils, économiques et éducatifs.
La transition se veut donc mesurée et progressive, avec la volonté affichée de maintenir des liens bilatéraux forts, mais repensés à l’aune des aspirations nouvelles des sociétés africaines et des dynamiques géopolitiques en mutation.











