Home AFRIQUE Sénégal : créanciers et FMI accélèrent une restructuration décisive de la dette

Sénégal : créanciers et FMI accélèrent une restructuration décisive de la dette

photo d'illustration

Le Sénégal franchit une étape importante dans le traitement de sa dette publique. Alors que Dakar a obtenu un accord préliminaire avec les services du Fonds monétaire international pour un programme de 2,2 milliards de dollars, des détenteurs d’obligations souveraines s’organisent déjà en vue des futures négociations. La capacité du pays à restaurer la soutenabilité de ses finances publiques constitue désormais un enjeu central pour les autorités, les investisseurs et les partenaires internationaux.

Au moins huit gestionnaires de fonds détenant des obligations souveraines sénégalaises ont constitué un groupe de créanciers et mandaté le cabinet d’avocats White & Case pour les accompagner dans les discussions à venir sur la dette du pays, selon plusieurs sources citées par Reuters. L’identité des membres de ce groupe n’a pas été rendue publique. Cette organisation intervient après l’annonce par les autorités sénégalaises de leur intention de solliciter un traitement de la dette afin d’en restaurer la soutenabilité.

Le dossier s’inscrit dans le contexte de la révision des comptes publics intervenue après les révélations, en 2024, concernant des engagements financiers qui n’avaient pas été correctement déclarés. Selon les données reprises par le FMI, la dette du secteur public sénégalais avait atteint environ 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024. Cette situation avait conduit à la suspension d’un précédent programme de financement du Fonds et ouvert une séquence de réévaluation plus large de la trajectoire budgétaire du pays.

Le 1er septembre 2026, les autorités sénégalaises et les services du FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux. L’accord reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI, ainsi qu’à la mise en œuvre de mesures correctrices liées au précédent cas de communication d’informations erronées et à l’obtention des assurances de financement nécessaires.

Le programme envisagé repose notamment sur le renforcement des finances publiques, l’amélioration de la transparence budgétaire et de la gestion de la dette, ainsi que sur la mobilisation accrue des recettes intérieures. Le FMI estime parallèlement que l’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière, tandis que l’inflation s’est établie à 1,4 %.

Les modalités précises du traitement de la dette restent cependant à définir. Le gouvernement sénégalais privilégie officiellement un reprofilage de certaines obligations, consistant notamment à modifier les échéances ou les conditions financières, plutôt qu’une restructuration générale. Pour les créanciers, l’issue dépendra notamment de l’analyse de soutenabilité de la dette et du cadre de négociation qui sera finalement retenu.

La constitution du groupe de créanciers marque ainsi l’entrée du Sénégal dans une phase plus structurée des discussions. L’enjeu sera de concilier le rétablissement durable des finances publiques avec le maintien de la confiance des investisseurs et la continuité du financement de l’économie. Pour Dakar, les prochaines négociations constitueront également un test de transparence budgétaire et de crédibilité financière, dans un contexte où l’appui du FMI pourrait contribuer à mobiliser d’autres partenaires internationaux.

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