
Un mois après le retrait des rebelles de l’Alliance des Forces pour le Changement (AFC/M23) de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, plusieurs fosses communes ont été découvertes, abritant près de 170 corps. Les découvertes ont été signalées par des habitants et des sources locales, alors que les autorités provinciales confirment seulement certaines d’entre elles.
Selon des témoignages collectés sur place, quatre fosses principales ont été identifiées depuis le départ des forces rebelles. Deux d’entre elles se trouvent à proximité d’une ancienne base militaire occupée par le M23 dans le quartier Kilomoni, commune de Kavimvira, et contiendraient plusieurs dizaines de corps. Une troisième fosse a été localisée dans le quartier Kilibula, commune de Kalundu, avec environ vingt dépouilles. La quatrième se situe dans le village Kabimba, à environ huit kilomètres au sud d’Uvira, et renfermerait une cinquantaine de corps.
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a confirmé pour l’instant l’existence de deux fosses, sans préciser leur nombre exact de victimes ni leur localisation précise. « Nous avons confirmé l’existence de deux fosses communes. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur exacte de cette tragédie », a déclaré le gouverneur lors d’une conférence de presse tenue à Bukavu.
Des organisations locales et internationales de défense des droits humains ont réagi à ces découvertes, qualifiant la situation d’« alarmante » et appelant à l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour identifier les victimes et établir les responsabilités. Selon Human Rights Watch et d’autres ONG présentes dans la région, la sécurisation des sites et la collecte des preuves sont essentielles pour permettre une investigation impartiale.
Le M23, qui a occupé Uvira pendant plusieurs semaines, avait annoncé son retrait début janvier 2026, sous la pression des forces armées congolaises et des initiatives diplomatiques régionales. Aucun communiqué officiel du mouvement rebelle n’a encore été publié concernant ces découvertes.
Les habitants d’Uvira restent sous le choc. Certains témoignages évoquent des exécutions sommaires et des disparitions survenues pendant la période d’occupation. Les autorités locales ont engagé des équipes pour sécuriser les zones et permettre aux services judiciaires et aux experts médico-légaux de procéder aux exhumations et aux analyses.
L’ONU et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) ont également annoncé qu’elles suivraient de près la situation. Le bureau de la MONUSCO à Bukavu a indiqué que ses équipes apporteraient un soutien technique aux enquêtes, notamment dans la documentation des sites et l’identification des victimes.
Les investigations sont encore en cours et les autorités locales préviennent que le bilan définitif pourrait évoluer. Les prochaines étapes incluent la poursuite des exhumations, la sécurisation des fosses supplémentaires qui pourraient être découvertes, et la coordination avec les agences spécialisées pour assurer une identification formelle des victimes.
Ces découvertes soulignent la nécessité d’une enquête structurée et transparente, en conformité avec les normes nationales et internationales, pour permettre aux familles de victimes de connaître le sort de leurs proches et de garantir que les auteurs d’éventuelles exactions soient identifiés.









