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RDC : polémique autour de propos anti-tutsis et suspension du général-major Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée

Photo d'illustration


La République démocratique du Congo (RDC) est au cœur d’une nouvelle controverse liée à des accusations de rhétorique discriminatoire visant la communauté tutsie, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires et diplomatiques.

La polémique a été déclenchée par des propos tenus samedi dernier sur la télévision publique par le général-major Sylvain Ekenge, alors porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC). Au cours de cette intervention, l’officier supérieur a ciblé les femmes tutsies, les accusant de participer à une supposée stratégie d’infiltration du Rwanda sur le territoire congolais. Ces déclarations ont suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique, des organisations de défense des droits humains et de la classe politique.

Face à l’ampleur de la controverse, les autorités congolaises ont rapidement réagi. Dès le lendemain de la diffusion de l’émission, le général-major Sylvain Ekenge a été suspendu de ses fonctions de porte-parole des FARDC. Dans un communiqué officiel, l’état-major général a condamné des propos jugés « incompatibles avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles » de l’armée congolaise. Le document précise que ces déclarations « ne reflètent ni la position de la RDC, ni celle du Président de la République, ni celle du gouvernement ».

Cette réaction officielle vise à marquer une prise de distance claire de l’institution militaire et des autorités politiques vis-à-vis de tout discours perçu comme stigmatisant ou discriminatoire. Toutefois, pour les critiques du président Félix Tshisekedi, cet épisode s’inscrit dans une série d’incidents plus larges, révélateurs, selon eux, d’un climat de tolérance envers certaines rhétoriques hostiles aux Tutsis.

De son côté, le Rwanda accuse depuis plusieurs années les forces congolaises et leurs alliés locaux de violences ciblées contre la minorité tutsie des Banyamulenge, principalement dans la province du Sud-Kivu. Kinshasa rejette régulièrement ces accusations, les qualifiant de tentatives de diversion destinées à masquer le soutien présumé de Kigali aux groupes armés opérant dans l’est de la RDC.

Cette nouvelle polémique intervient alors que les relations entre la RDC et le Rwanda restent particulièrement tendues. Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), que les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux disent soutenus par Kigali, contrôlent toujours d’importantes portions de territoire dans l’est du pays. Dans ce contexte fragile, la gestion des discours publics et la cohésion nationale demeurent des enjeux majeurs pour les autorités congolaises.


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