
Le chef d’état-major adjoint des Forces armées de la République démocratique du Congo, le général Ychaligonza Jacques, a annoncé dimanche le 29 mars, le lancement d’une opération ciblée contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda. Depuis le camp Général Bauma, à Kisangani, il a exhorté les combattants à déposer les armes. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de l’Est de la République démocratique du Congo, en proie à des groupes armés persistants.
L’armée congolaise a franchi une nouvelle étape dans sa lutte contre les groupes armés étrangers opérant sur son sol. Dimanche 29 mars, le général Ychaligonza Jacques a officiellement lancé une opération visant les éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda encore actifs dans plusieurs zones de l’Est du pays. Le message adressé aux combattants est sans ambiguïté : déposer les armes volontairement ou s’exposer à une intervention militaire.
« Il n’est pas nécessaire d’avoir du sang versé », a déclaré l’officier supérieur, appelant les rebelles à se rendre pour faciliter leur rapatriement vers le Rwanda. Cette posture combine pression militaire et ouverture à une reddition encadrée, dans une logique de désescalade contrôlée.
Créées au lendemain du génocide rwandais de 1994, les FDLR constituent l’un des groupes armés étrangers les plus anciens présents en RDC. Selon des estimations des Nations unies, leurs effectifs seraient aujourd’hui compris entre 1 000 et 1 500 combattants, bien en deçà des milliers recensés dans les années 2000, mais toujours suffisamment structurés pour mener des opérations de guérilla.
Leur présence prolongée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu alimente une insécurité chronique. Les FDLR sont régulièrement accusées d’exactions contre les civils, notamment des massacres, des viols et des pillages. En 2023, plusieurs rapports d’organisations internationales ont documenté des dizaines d’incidents attribués à ce groupe.
Cette nouvelle offensive des FARDC intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Les relations entre la RDC et le Rwanda restent fragiles, Kinshasa accusant Kigali de soutenir certains groupes rebelles actifs dans l’est congolais, notamment le M23. Dans ce climat, la neutralisation des FDLR apparaît aussi comme un enjeu diplomatique majeur, Kigali considérant ce groupe comme une menace sécuritaire directe.
Par ailleurs, cette opération s’inscrit dans la continuité des efforts conjoints menés avec la mission de l’ONU, la MONUSCO, bien que cette dernière soit engagée dans un processus de retrait progressif du territoire congolais.
L’initiative lancée à Kisangani marque une volonté renouvelée des autorités congolaises d’en finir avec la présence des groupes armés étrangers. Reste à savoir si l’appel à la reddition sera entendu par les FDLR ou si cette opération débouchera sur une nouvelle phase de confrontation armée, dans une région où la stabilité demeure fragile et incertaine.









