
Une onde de choc politique secoue la République démocratique du Congo (RDC) après l’annonce, jeudi, de poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila. Le parquet près la Haute Cour militaire du pays l’accuse officiellement de « participation à un mouvement insurrectionnel, crime contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, trahison, apologie, viol, torture et déportation, occupation par force de la ville de Goma »
Dans un communiqué rendu public, le procureur militaire a précisé que les charges retenues contre l’ancien chef de l’État s’inscrivent dans le cadre d’une enquête élargie sur des activités suspectes impliquant plusieurs anciens officiers militaires, hommes politiques et responsables sécuritaires.
L’enquête ouverte et conduite depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion, aurait permis de mettre en lumière des éléments attestant de « contacts, financements et réunions clandestines » visant à créer un climat de trouble dans le pays.
Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019 avant de céder le pouvoir à Félix Tshisekedi, n’a pour l’heure pas réagi officiellement. Selon son entourage, les accusations seraient motivées par des « considérations politiques » dans un contexte de tensions croissantes à l’approche des élections provinciales prévues début 2026. Des partisans de l’ancien président dénoncent une tentative d’écarter définitivement leur leader de la scène politique.
Les autorités judiciaires ont indiqué que Kabila sera jugé par la Haute Cour militaire dès ce vendredi 25 juillet alors qu’il vit hors du territoire national depuis plus de deux ans. Une commission spéciale a été constituée pour encadrer les procédures, compte tenu de l’ancien statut présidentiel de l’accusé. Si les faits sont avérés, il s’agirait d’un précédent historique en RDC, où aucun ancien chef de l’État n’avait jusque-là été formellement poursuivi pour de telles accusations.
Du côté du gouvernement, le ministre de la Justice a assuré que « la justice suivra son cours dans le respect de la loi et des droits de la défense », tout en appelant à la retenue et au calme.
Cette affaire survient dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires persistantes dans l’est du pays, où les forces armées congolaises affrontent régulièrement plusieurs groupes armés. Certains analystes redoutent que cette procédure judiciaire n’alimente davantage la polarisation politique dans un pays en quête de stabilité.
Alors que les regards se tournent désormais vers les institutions judiciaires, l’avenir politique de l’ancien président Kabila, longtemps considéré comme l’une des figures les plus influentes du pays, s’écrit désormais sous l’ombre d’une possible inculpation.












