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RDC : l’AFC/M23 se retire de plusieurs positions stratégiques au Sud-Kivu, un premier tournant après des mois de statu quo

Photo d'illustration

Le groupe rebelle AFC/M23, accusé par Kinshasa et plusieurs partenaires occidentaux d’être soutenu par le Rwanda, s’est retiré durant le week-end de plusieurs positions dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. L’information a été confirmée lundi par les Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi que par des responsables rebelles. Ce mouvement constitue le premier changement significatif observé sur le terrain depuis plusieurs mois dans cette région marquée par une forte instabilité sécuritaire.

Selon des sources militaires congolaises, les combattants de l’AFC/M23 ont quitté plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, notamment dans le territoire d’Uvira. Les FARDC affirment avoir repris position dans des zones telles que Sange, Nyakabere, Luberizi, Mutarule ainsi que d’autres villages des hauts plateaux du Sud-Kivu.

Le porte-parole militaire de l’opération Sukola 2 au Sud-Kivu a indiqué que ce retrait résulterait d’une double pression : l’intensification des opérations militaires congolaises sur certains axes et les efforts diplomatiques menés par les États-Unis et d’autres acteurs internationaux. Reuters rapporte notamment que Washington a récemment accru sa pression politique sur les acteurs impliqués dans le conflit, dans un contexte de négociations régionales et de sanctions ciblées.

Du côté de l’AFC/M23, le discours diffère. Le mouvement rebelle présente ce repositionnement comme un « geste de bonne foi » dans le cadre des discussions de paix en cours. Dans une lettre adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, affirme que le groupe cherche à favoriser une désescalade. Il évoque également plusieurs mesures déjà prises, parmi lesquelles le retrait antérieur de Walikale, l’ouverture de corridors humanitaires et la libération de plus de 1 350 détenus.

Cependant, les combats demeurent actifs dans plusieurs secteurs de l’est congolais. Les autorités de Kinshasa continuent d’accuser Kigali de soutenir militairement l’AFC/M23, une accusation régulièrement rejetée par le Rwanda malgré plusieurs rapports des Nations unies et des puissances occidentales.

Le conflit dans l’est de la RDC a provoqué une crise humanitaire majeure depuis la résurgence du M23 fin 2021. Selon des estimations relayées par plusieurs organisations internationales, des milliers de personnes ont été tuées et plusieurs centaines de milliers déplacées au cours des derniers mois dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Sur le plan stratégique, ce retrait partiel pourrait marquer une nouvelle phase dans le conflit, même si plusieurs analystes restent prudents. Les précédentes tentatives de cessez-le-feu et de médiation régionale ont souvent été fragilisées par la reprise rapide des affrontements. Pour l’heure, les FARDC poursuivent leur redéploiement dans les zones abandonnées par les rebelles, tandis que les initiatives diplomatiques régionales et internationales tentent d’éviter une nouvelle escalade dans cette partie sensible des Grands Lacs africains.

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