
Le 9 septembre 2025, la République démocratique du Congo (RDC) a une nouvelle fois été frappée par la violence dans sa région orientale. Deux attaques attribuées au groupe terroriste des Forces démocratiques alliées (ADF/ISCAP), affilié à l’organisation État islamique, ont coûté la vie à au moins 89 civils. La première, survenue à Ntoyo, dans le territoire de Lubero, a fait au moins 71 morts, tandis que la seconde, dans le territoire de Beni, a fait 18 victimes.
Ces événements tragiques s’inscrivent dans un contexte de violences récurrentes dans l’Est de la RDC, une zone marquée depuis plusieurs années par l’activisme de groupes armés, le banditisme et des conflits intercommunautaires. Les ADF, initialement un groupe rebelle ougandais, se sont progressivement radicalisés et affiliés à l’État islamique, multipliant les attaques contre les civils et les forces de sécurité congolaises. Selon les analystes, leur objectif est non seulement d’instaurer la terreur mais aussi de contrôler des zones stratégiques, riches en ressources naturelles et difficilement accessibles aux autorités.
Dans un communiqué publié le 10 septembre, la France a condamné avec « la plus grande fermeté » ces attaques. Elle a exprimé ses condoléances aux familles endeuillées et au peuple congolais et a affirmé son soutien aux autorités locales. Paris a également appelé à un retour rapide de la paix et de la sécurité dans la région des Grands Lacs. Cette réaction souligne l’importance de la coopération internationale pour faire face à la menace terroriste, qui ne se limite pas aux frontières congolaises et constitue un défi pour l’ensemble de la région.
La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC reste fragile. Malgré les efforts de l’armée nationale et le déploiement de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), les attaques des ADF se poursuivent, affectant gravement les populations civiles et perturbant le tissu économique et social. Les organisations humanitaires alertent régulièrement sur l’urgence d’une meilleure protection des civils et d’un soutien accru aux déplacés internes.
Pour de nombreux observateurs, la persistance de la violence dans l’Est de la RDC est symptomatique d’un problème structurel : l’État peine à étendre son autorité dans des territoires reculés et marqués par la pauvreté et le manque d’infrastructures. Les experts estiment que seule une approche combinant sécurité, dialogue communautaire et développement économique pourra réduire durablement le cycle de violence dans cette région.










