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RDC : Delly Sesanga empêché de quitter le pays, l’opposition dénonce un durcissement politique sur fond de réforme constitutionnelle

l’opposant RD Congolais Delly Sesanga

Le climat politique se tend en République démocratique du Congo à mesure que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle s’intensifie. L’opposant Delly Sesanga affirme avoir été empêché de quitter le territoire et privé de son passeport, dans un contexte marqué par de vives tensions entre le pouvoir et l’opposition. Cette situation intervient alors que les débats autour d’un possible référendum constitutionnel alimentent les inquiétudes sur l’avenir institutionnel du pays.

La tension politique continue de monter en République démocratique du Congo (RDC), à plus de deux ans de l’élection présidentielle prévue en 2028. Lundi, Delly Sesanga, figure majeure de l’opposition congolaise et président du parti Envol, a déclaré avoir été empêché de quitter le pays par les autorités, affirmant également que son passeport lui avait été retiré.

L’ancien ministre et ex-député a dénoncé une mesure qu’il qualifie d’« intimidation », estimant qu’elle s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées contre les voix critiques du pouvoir. Son cas intervient alors que la scène politique congolaise est dominée par les débats autour d’une réforme constitutionnelle controversée.

Delly Sesanga fait partie des figures de proue de la C64 (Coalition Article 64), une plateforme regroupant plusieurs leaders de l’opposition opposés à toute modification de la Constitution susceptible de prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi. Cette coalition affirme que les initiatives en cours pourraient ouvrir la voie à une reconfiguration du cadre institutionnel en faveur du chef de l’État.

Au début du mois, le Parlement congolais a adopté un projet de loi portant sur l’organisation d’un référendum relatif à une réforme constitutionnelle. Si le texte ne mentionne pas explicitement un troisième mandat présidentiel, plusieurs acteurs politiques y voient une étape susceptible de modifier les équilibres actuels.

Selon la Constitution en vigueur, le président congolais est limité à deux mandats de cinq ans. Réélu en décembre 2023, Félix Tshisekedi exerce actuellement son second mandat, qui doit prendre fin en décembre 2028. Toute révision de cette architecture institutionnelle est donc suivie de près, tant sur le plan national qu’international.

Les tensions se sont accentuées le 12 juin à Kinshasa, lors d’une manifestation organisée par l’opposition pour dénoncer ce qu’elle qualifie de tentative de « coup d’État constitutionnel ». Le rassemblement a dégénéré en affrontements impliquant militants pro-gouvernementaux, manifestants et forces de sécurité. Plusieurs personnalités de l’opposition, dont Delly Sesanga, ont été blessées.

Le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a condamné les violences, confirmant la mort d’au moins un manifestant. Ces incidents ont ravivé les inquiétudes sur l’état des libertés publiques et du dialogue démocratique en RDC.

Un nouveau rassemblement de l’opposition est prévu le 8 juillet à Kinshasa. Ce rendez-vous s’annonce comme un nouveau test pour les autorités congolaises, appelées à garantir à la fois l’ordre public et le respect des libertés fondamentales. Dans un pays de plus de 110 millions d’habitants, où la stabilité politique reste un enjeu central pour la sous-région, l’évolution de cette crise pourrait peser lourdement sur les équilibres institutionnels et sur la trajectoire démocratique de la RDC.

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