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RDC : 43 civils tués dans une attaque attribuée aux rebelles ADF affiliés à l’État islamique dans l’Ituri

photo d'illustration

Une nouvelle attaque meurtrière imputée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a fait au moins 43 morts dans le nord-est de la République démocratique du Congo, selon l’armée congolaise. L’assaut, survenu dans une localité de la province de l’Ituri, illustre la persistance de l’insécurité dans cette région en proie à des violences chroniques. Affilié à l’organisation État islamique, le groupe armé intensifie depuis plusieurs années ses actions contre les civils.

Selon des sources militaires congolaises, l’attaque a été menée dans la nuit par des combattants des ADF contre une localité du territoire de l’Ituri, causant la mort de 43 personnes, dont une majorité de civils. L’assaut, particulièrement violent, s’inscrit dans une série d’exactions visant des populations rurales souvent dépourvues de protection sécuritaire efficace.

Les Forces démocratiques alliées, à l’origine un groupe rebelle ougandais créé dans les années 1990, se sont progressivement implantées dans l’est de la RDC. Depuis leur allégeance à l’organisation État islamique en 2019, elles opèrent sous l’étiquette de la « Province d’Afrique centrale de l’État islamique » (ISCAP), multipliant les attaques contre les civils, notamment dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. En 2024, plus de 1 300 personnes ont été tuées dans des attaques attribuées aux ADF, selon des données issues d’organisations de suivi des conflits. Entre juin et novembre de la même année, au moins 650 civils ont péri lors de 124 attaques recensées dans l’est du pays. Cette tendance s’est poursuivie en 2025 et 2026, avec une intensification des massacres ciblant notamment des communautés chrétiennes et des villages isolés.

L’attaque récente rappelle également des précédents similaires. En juillet 2025, une attaque contre une église à Komanda, également en Ituri, avait fait entre 43 et 50 morts, soulignant la récurrence de ce type d’opérations meurtrières. Ces violences s’accompagnent souvent de méthodes particulièrement brutales : massacres à l’arme blanche, incendies de maisons, enlèvements et exécutions sommaires.

Malgré les opérations militaires conjointes menées par l’armée congolaise (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération « Shujaa », les ADF continuent de démontrer une forte capacité de nuisance. Les experts estiment que la pression militaire a contribué à disperser les combattants en petits groupes mobiles, rendant leurs actions plus imprévisibles et plus difficiles à contenir.

Sur le plan humanitaire, ces attaques aggravent une situation déjà critique dans l’est de la RDC, où plusieurs millions de personnes sont déplacées internes. L’insécurité persistante entrave également l’accès à l’aide humanitaire et fragilise davantage les communautés locales.

Cette nouvelle tuerie met en lumière les limites des dispositifs sécuritaires actuels et relance la question de la protection des civils dans une région marquée par la prolifération des groupes armés. Sans une réponse coordonnée, durable et renforcée, le cycle de violences risque de se perpétuer, au détriment des populations déjà durement éprouvées.

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