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Nigeria : une rançon versée à Boko Haram pour libérer des écoliers enlevés, selon des sources sécuritaires

photo d'illustration

Selon des sources sécuritaires et gouvernementales citées par l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement nigérian a versé plusieurs millions de dollars à Boko Haram afin d’obtenir la libération de jusqu’à 230 enfants et membres du personnel d’une école catholique, enlevés en novembre dernier dans le nord du pays. Une information sensible qui relance le débat sur la stratégie de l’État face aux enlèvements de masse.

Le Nigeria a secrètement versé une rançon à Boko Haram pour obtenir la libération d’écoliers et d’adultes kidnappés lors d’une attaque contre une école catholique dans le nord du pays, ont affirmé à l’AFP plusieurs sources proches du dossier. L’enlèvement, survenu en novembre dans une zone affectée par l’insurrection jihadiste, avait suscité une vive émotion nationale et internationale. La libération des otages est intervenue après plusieurs semaines de tractations, selon ces mêmes sources, qui évoquent le paiement de plusieurs millions de dollars. Aucun montant précis n’a toutefois été rendu public.

Les autorités nigérianes n’ont pas officiellement confirmé le versement d’une rançon. Interrogé par l’AFP, un responsable gouvernemental a reconnu sous couvert d’anonymat que « des concessions » avaient été nécessaires pour sauver des vies, sans détailler la nature des accords conclus. Le gouvernement réaffirme publiquement sa politique de refus de paiement de rançons aux groupes armés, une ligne régulièrement mise à l’épreuve par la multiplication des enlèvements contre rançon dans le nord et le nord-ouest du pays.

Du côté des acteurs religieux et des familles des victimes, la priorité reste la sécurité des enfants. Un responsable de l’Église catholique locale, cité par des médias nigérians, a déclaré que la libération des otages avait été obtenue « grâce à des efforts conjoints impliquant plusieurs intermédiaires », sans confirmer l’existence d’un paiement. Cette information, relayée par la presse locale et des sources sécuritaires, n’a pas été étayée par un document officiel.

Des experts en sécurité estiment que le recours au paiement de rançons, même non reconnu, s’inscrit dans une pratique devenue courante face à des groupes armés fragmentés et motivés par le gain financier. Selon plusieurs analystes nigérians interrogés par l’AFP, ces paiements risquent toutefois d’encourager de nouveaux enlèvements et de renforcer les capacités opérationnelles des groupes jihadistes.

Boko Haram mène depuis 2009 une insurrection armée dans le nord-est du Nigeria, marquée par des attaques contre des civils, des écoles et des institutions religieuses. Malgré le déploiement massif des forces de sécurité et des opérations militaires répétées, les enlèvements de masse demeurent fréquents, souvent attribués à des factions jihadistes ou à des groupes criminels se réclamant de cette mouvance.

La société civile nigériane reste divisée. Certaines organisations de défense des droits humains estiment que l’État doit tout mettre en œuvre pour protéger les enfants, y compris par des négociations discrètes. D’autres appellent à plus de transparence et à une stratégie globale pour mettre fin à l’économie des enlèvements. À ce stade, faute de confirmation officielle, les circonstances exactes de l’accord ayant conduit à la libération des otages restent partiellement inconnues.

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