
La Haute Cour fédérale d’Abuja a prononcé, jeudi, une condamnation à la prison à vie contre Nnamdi Kanu, leader du mouvement séparatiste Indigenous People of Biafra (IPOB). Kanu, âgé de 58 ans, a été reconnu coupable de sept chefs d’accusation, dont l’incitation à la violence et la direction de l’Eastern Security Network (ESN), une milice affiliée à l’IPOB. Le juge James Omotosho a retenu ces chefs d’accusation en lien avec des actes terroristes perpétrés dans le sud-est du pays. La peine de mort avait été demandée par le ministère public, mais la cour a opté pour une condamnation à perpétuité.
L’arrestation de Kanu remonte à 2015, et sa libération sous caution en 2017 avait précédé son arrestation en 2021, suite à son extradition controversée du Kenya. Le leader séparatiste, désormais incarcéré dans une prison de haute sécurité à Sokoto, demeure une figure centrale du mouvement IPOB, qui a été classé organisation terroriste par le gouvernement nigérian en 2017.
Cette décision judiciaire a provoqué une vague de protestations dans les grandes villes du sud-est du pays, notamment à Umuahia, Enugu et Owerri, où de nombreux commerces ont fermé plus tôt que d’habitude. Chidi Okoye, un tailleur d’Aba, a exprimé son mécontentement en affirmant que cette condamnation ne répondait pas aux revendications sous-jacentes du mouvement IPOB. Selon lui, la situation n’est qu’un facteur supplémentaire d’instabilité pour la région.
Le gouverneur de l’État d’Abia, Alex Otti, a annoncé qu’il engagerait des démarches politiques pour demander une révision du dossier de Kanu. Le Ohanaeze Ndigbo, principale organisation socioculturelle igbo, a également critiqué le verdict, appelant à une solution diplomatique et à un dialogue entre les autorités fédérales et les leaders du sud-est du Nigeria.
Pour sa part, le gouvernement fédéral a salué cette décision, soulignant que l’application de la loi est essentielle pour maintenir l’ordre et la paix dans le pays. Les diplomates étrangers, dont ceux du Royaume-Uni, suivent de près le développement de l’affaire, étant donné que Kanu détient également la nationalité britannique.
Son avocat, Ifeanyi Ejimakor, a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait appel de la décision. Il conteste notamment l’utilisation d’une loi abrogée en 2022 pour l’un des chefs d’accusation. Le processus d’appel pourrait durer plusieurs mois, et la situation reste tendue dans le sud-est du Nigeria, où les réactions à cette condamnation risquent de renforcer les tensions dans une région déjà fragilisée par le conflit.









