
Le gouvernement nigérian a officiellement décrété le 15 juillet comme jour férié national en hommage à l’ancien président Muhammadu Buhari, une figure politique majeure du pays ayant marqué de son empreinte la vie publique nigériane durant plusieurs décennies.
L’annonce a été faite lundi par Dr. Olubunmi Tunji-Ojo, le ministre de l’Intérieur à l’issue du Conseil exécutif fédéral réuni à Abuja sous la présidence du chef de l’État Bola Ahmed Tinubu.
Selon le communiqué lu devant la presse, cette décision vise à « reconnaître la contribution exceptionnelle de Muhammadu Buhari à la consolidation de la démocratie, à la lutte contre la corruption et à la sécurité nationale ».
Ancien général et dirigeant militaire du Nigeria entre 1983 et 1985, Muhammadu Buhari est revenu au pouvoir par les urnes en 2015, devenant le premier opposant à battre un président sortant dans l’histoire démocratique du pays. Réélu en 2019, il a quitté la scène politique en 2023, après deux mandats civils, laissant derrière lui un bilan contrasté mais largement salué pour sa rigueur et son engagement dans la réforme de l’État.
Le choix du 15 juillet n’est pas anodin. Il correspond à la date de l’adoption de l’un de ses discours les plus marquants sur la nécessité d’un Nigeria « plus transparent, plus sûr et plus uni », prononcé lors d’une allocution devant le Parlement en 2020. Ce discours, selon les autorités, aurait marqué un tournant dans la perception populaire de son leadership.
La journée sera désormais consacrée à des activités de réflexion nationale, d’éducation civique et de promotion des valeurs républicaines. Des événements officiels, notamment des conférences, des cérémonies de dépôt de gerbes et des hommages dans les établissements scolaires et les institutions publiques, sont prévus dès l’année prochaine.
Du côté de l’opinion publique, les réactions sont partagées. Certains saluent une reconnaissance méritée pour un dirigeant ayant incarné la discipline et la stabilité. D’autres estiment qu’un bilan plus équilibré aurait dû précéder une telle décision, soulignant notamment les critiques sur la gestion économique et les droits de l’homme sous ses mandats.
Le 15 juillet rejoint ainsi la liste des journées commémoratives officielles du Nigeria, aux côtés du 1er octobre (Fête de l’Indépendance) et du 12 juin (Jour de la démocratie). Pour de nombreux Nigérians, cette reconnaissance symbolique marque la continuité d’un héritage politique encore vivace dans la mémoire collective.











