
Les forces de sécurité nigérianes ont annoncé la libération de 18 passagers enlevés le 15 avril lors de l’attaque d’un bus dans l’État de Benue, au centre du pays. Parmi les victimes figuraient huit étudiants en route pour passer des examens d’entrée à l’université. Cette opération s’inscrit dans un contexte de recrudescence des enlèvements dans la région, marquée par l’activisme de groupes criminels armés.
Selon les autorités policières locales, les 18 passagers kidnappés ont été secourus à la suite d’une opération conjointe impliquant plusieurs services de sécurité. Les victimes, enlevées le 15 avril sur l’axe routier Makurdi–Otukpo, ont été retrouvées saines et sauves après des vérifications médicales, a précisé le porte-parole de la police de l’État.
L’attaque visait un bus de transport interurbain transportant notamment des candidats aux examens d’entrée à l’université. Huit étudiants figuraient parmi les passagers capturés, un fait qui a suscité une vive émotion dans l’opinion publique et une réaction des autorités politiques. Le gouverneur de l’État de Benue, Hyacinth Alia, a d’ailleurs appelé à un réaménagement du calendrier des examens pour ces étudiants affectés par l’incident.
Dans le cadre de l’opération de sauvetage, sept suspects ont été arrêtés, illustrant une montée en puissance des opérations de contre-criminalité dans cette région du « Middle Belt » nigérian. Cette zone est régulièrement confrontée à des actes de banditisme armé, mêlant enlèvements contre rançon, attaques de villages et violences intercommunautaires.
L’incident s’inscrit dans une dynamique plus large d’insécurité persistante au Nigeria. Les enlèvements de masse sont devenus une source majeure de financement pour des groupes criminels, souvent qualifiés de « bandits », distincts mais parfois liés à des mouvements insurgés actifs dans le nord du pays, notamment dans l’État de Borno. Ces groupes exploitent la faiblesse du maillage sécuritaire sur les axes routiers et dans les zones rurales.
Selon plusieurs données compilées par des organismes de recherche sécuritaire, des milliers de personnes sont enlevées chaque année au Nigeria. Entre juillet 2024 et juin 2025, plus de 4 700 cas d’enlèvements ont été recensés, accompagnés de centaines de décès et de paiements de rançons significatifs.
L’attaque du bus de Benue illustre également une tendance préoccupante : la vulnérabilité croissante des étudiants et des institutions éducatives. Les établissements scolaires et les convois d’élèves constituent désormais des cibles privilégiées, en raison de leur forte valeur médiatique et de leur potentiel de rançon.
La libération des 18 passagers constitue un succès opérationnel pour les forces de sécurité nigérianes. Toutefois, cet épisode met en lumière la persistance d’un climat d’insécurité structurelle dans le centre et le nord du Nigeria. À court terme, la capacité des autorités à prévenir de nouvelles attaques sur les axes routiers et à démanteler les réseaux criminels restera déterminante pour inverser cette tendance.









