
Une attaque menée vendredi dans la localité d’Askira-Uba, dans l’État de Borno au nord-est du Nigeria, suscite de nouvelles inquiétudes autour de la sécurité des établissements scolaires. Les autorités nigérianes ont confirmé qu’un nombre encore indéterminé d’élèves reste introuvable après l’assaut attribué à des groupes jihadistes opérant dans la région. Un recensement des élèves est en cours, tandis que plusieurs habitants évoquent des enlèvements.
Les autorités de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, poursuivent les opérations de vérification après une attaque armée ayant visé vendredi matin la ville d’Askira-Uba, située à proximité de la forêt de Sambisa. Cette zone est considérée depuis plusieurs années comme un important refuge pour les combattants de Boko Haram et de factions affiliées au groupe État islamique.
Selon la police locale, plusieurs élèves d’un établissement secondaire demeurent introuvables à la suite de l’incident. Le porte-parole de la police de Borno, Nahum Daso, a expliqué qu’il était encore prématuré de confirmer un enlèvement massif. D’après lui, la confusion provoquée par l’attaque a poussé de nombreux élèves à fuir les lieux pour se mettre à l’abri, compliquant le travail d’identification et de recensement.
Toutefois, des témoignages recueillis auprès d’habitants laissent craindre un scénario plus grave. Certains résidents affirment que plusieurs enfants auraient été emmenés par les assaillants vers une destination inconnue. Un habitant de la ville a notamment indiqué que deux jeunes filles de sa famille, âgées de moins de dix ans, faisaient partie des personnes disparues.
Cette nouvelle attaque ravive les préoccupations concernant la persistance de l’insécurité dans le nord du Nigeria, malgré les opérations militaires engagées depuis plus d’une décennie contre les groupes armés. Boko Haram, fondé au début des années 2000, et sa branche dissidente, la Province de l’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP), continuent de mener des attaques ciblées contre les civils, les forces de sécurité et les infrastructures publiques.
Les établissements scolaires figurent parmi les cibles récurrentes de ces groupes. Les enlèvements d’élèves sont souvent utilisés comme moyen de pression sur les autorités ou pour obtenir des rançons. Selon des organisations humanitaires et des agences des Nations unies, plusieurs milliers d’enfants ont été affectés par les violences dans le bassin du lac Tchad depuis le début de l’insurrection en 2009.
En 2024, deux enlèvements de grande ampleur dans des écoles du nord du Nigeria avaient déjà marqué l’opinion publique. Plus de 300 enfants avaient alors été capturés dans des attaques distinctes, illustrant les difficultés persistantes des autorités à sécuriser les zones rurales et les établissements éducatifs.
La forêt de Sambisa demeure par ailleurs un espace stratégique pour les groupes armés actifs dans la région. Malgré les offensives militaires successives, cette vaste zone boisée continue de servir de base logistique et opérationnelle à plusieurs factions jihadistes.
Alors que les recherches se poursuivent à Askira-Uba, les autorités nigérianes sont confrontées à une nouvelle crise sécuritaire touchant directement des enfants scolarisés. Cette situation relance le débat sur la protection des établissements éducatifs dans les régions exposées aux violences armées et sur l’efficacité des dispositifs sécuritaires mis en place dans le nord-est du Nigeria.












