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Niger-ONU : une coopération relancée avec un plan de 1,84 milliard de dollars contre la pauvreté

le Général Abdourhamane Tiani, chef de l'Etat du Niger


Après des mois de tensions et d’incertitudes diplomatiques, Niamey et les Nations unies viennent d’ouvrir un nouveau chapitre de leur coopération. Mercredi 28, le gouvernement nigérien et le système onusien ont conjointement lancé un plan de 1,84 milliard de dollars destiné à moderniser la gouvernance, renforcer la sécurité alimentaire et offrir de nouvelles perspectives aux jeunes.

Ce programme quinquennal, qui s’étend jusqu’en 2029, se décline en quatre axes : la digitalisation des services publics pour plus de transparence, la réhabilitation de 300 000 hectares de terres agricoles, l’élargissement de l’accès à l’éducation pour plus de 2 millions d’enfants et adolescents – dont 30 000 jeunes filles jusque-là non scolarisées – et la formation de près d’un demi-million de jeunes en vue de générer 750 000 emplois à travers les chaînes de valeur locales et les PME.

Pour le Premier ministre nigérien, il s’agit d’« assurer la résilience et de bâtir une économie moins dépendante des aléas climatiques ». Un défi de taille dans un pays où près de la moitié de la population vit sous le seuil d’extrême pauvreté. Selon la Banque mondiale, 45,3 % des Nigériens se trouvaient encore dans cette situation en 2024, mais ce chiffre pourrait reculer à 35,8 % d’ici 2027 grâce à l’essor agricole et aux réformes en cours.

Ce rapprochement diplomatique n’est pas anodin. Il intervient moins de deux ans après une rupture brutale entre Niamey et l’ONU. En octobre 2023, la junte militaire avait sommé la coordinatrice onusienne Louise Aubin de quitter le territoire, accusant l’organisation de freiner sa reconnaissance internationale. Cette décision avait suscité une vive réaction du secrétaire général Antonio Guterres, qui avait dénoncé une menace directe pour l’aide humanitaire, alors que plus de 4 millions de Nigériens dépendaient de l’assistance des agences onusiennes.

Aujourd’hui, le lancement de ces programmes témoigne d’un pragmatisme partagé. Pour le Niger, confronté à l’insécurité alimentaire et à la pression démographique, les partenariats multilatéraux demeurent indispensables pour freiner la pauvreté. Pour l’ONU, maintenir une présence active dans ce pays du Sahel est stratégique, tant pour le développement que pour la stabilité régionale.

En renouant ainsi le fil de la coopération, Niamey et l’organisation internationale envoient un signal : au-delà des tensions politiques, la lutte contre la pauvreté et le chômage reste un impératif commun.


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