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Niger : au moins 17 civils tués dans une frappe de drone sur un marché de l’ouest, selon Human Rights Watch

photo d'illustration

Une frappe de drone ayant visé un marché de l’ouest du Niger a causé la mort d’au moins 17 civils, dont des femmes et des enfants, a indiqué Human Rights Watch (HRW). L’attaque, survenue dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité liée aux groupes armés, relance les interrogations sur l’usage des drones armés et la protection des populations civiles dans le contexte de la lutte antiterroriste au Sahel.

Selon l’organisation de défense des droits humains, les victimes recensées comprennent 11 femmes âgées de 29 à 50 ans, deux hommes de 32 et 55 ans, ainsi que quatre enfants âgés de 5 à 10 ans. HRW affirme avoir recueilli des témoignages concordants et analysé des éléments indiquant que la frappe a touché un espace public fréquenté par des civils, au moment où le marché était en activité. L’ONG appelle à une enquête indépendante, impartiale et transparente afin d’établir les responsabilités et les circonstances exactes de l’attaque.

Les autorités nigériennes n’ont pas, à ce stade, fourni de bilan officiel détaillé ni précisé l’auteur présumé de la frappe. Depuis le coup d’État de juillet 2023, le pays est dirigé par une junte militaire conduite par le général Abdourahamane Tiani, qui a fait de la souveraineté sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme des axes centraux de sa communication. Le Niger fait face à des violences persistantes dans plusieurs régions, notamment à l’ouest, théâtre d’attaques récurrentes attribuées à des groupes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda.

Dans ce contexte, l’usage de drones armés s’est intensifié au Sahel, présenté par les autorités comme un moyen de frapper des cibles terroristes avec précision. Toutefois, les organisations de défense des droits humains alertent régulièrement sur les risques d’erreurs de ciblage et de dommages collatéraux, particulièrement lorsque les frappes touchent des zones densément peuplées.

Sur le plan politique, cette nouvelle tragédie pourrait raviver les tensions diplomatiques. Par le passé, les autorités de transition nigériennes ont accusé des acteurs extérieurs de soutenir l’insécurité régionale. Reste à savoir si le chef de la junte mettra, une nouvelle fois, en cause des dirigeants étrangers, notamment le président français Emmanuel Macron ou des chefs d’État de pays voisins, comme Patrice Talon et Alassane Ouattara, dans sa lecture des événements.

Human Rights Watch exhorte les parties impliquées à respecter le droit international humanitaire, à garantir des réparations aux victimes et à renforcer les mécanismes de protection des civils, alors que le Sahel demeure l’un des épicentres mondiaux de la violence terroriste.

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