
L’État islamique au Sahel (EI-Sahel) a annoncé, jeudi 1er janvier 2026, avoir mené une attaque contre un véhicule de l’armée malienne appartenant à l’Africa Corps, près de la localité de Ménaka, dans le nord-est du Mali. Le groupe jihadiste a diffusé des images montrant un engin militaire endommagé ainsi que le casque d’un mercenaire russe, présenté comme faisant partie des forces ciblées.
Selon le communiqué de l’EI-Sahel, l’attaque aurait été réalisée à l’aide d’un engin explosif improvisé (EEI). Le groupe affirme également avoir surveillé l’atterrissage d’un hélicoptère à proximité du site de l’explosion, utilisé, d’après lui, pour l’évacuation des blessés. Aucune source officielle malienne ou russe n’a, à ce stade, confirmé le bilan humain ou matériel de cet incident.
Dans sa communication, l’EI-Sahel a élargi son propos au rôle de la Russie dans la région. Le groupe jihadiste accuse Moscou de « rivaliser avec l’Occident » dans ce qu’il qualifie de pillage des ressources naturelles du Sahel. Il affirme que l’intervention russe, notamment à travers l’Africa Corps, s’inscrit dans une continuité avec la présence antérieure des puissances occidentales, malgré les changements politiques survenus après les coups d’État militaires dans plusieurs pays de la région.

L’EI-Sahel soutient par ailleurs que le remplacement de la société militaire privée Wagner par l’Africa Corps ne modifie pas, selon lui, la nature de la présence étrangère au Mali. Le groupe estime que le retrait progressif des forces occidentales, suivi de l’arrivée de partenaires russes, n’a eu aucun impact sur sa stratégie militaire. Il réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre ses attaques contre toutes les forces étrangères qu’il considère comme des « envahisseurs », sans distinction d’origine.
Depuis plusieurs années, la région de Ménaka est régulièrement le théâtre d’attaques armées impliquant des groupes jihadistes affiliés à l’État islamique ou à Al-Qaïda. Ces violences s’inscrivent dans un contexte sécuritaire dégradé, marqué par des affrontements récurrents entre groupes armés, forces nationales et partenaires étrangers.
Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi officiellement à cette revendication. De leur côté, les partenaires sécuritaires de Bamako affirment régulièrement que leur présence vise à appuyer les forces nationales dans la lutte contre le terrorisme et à contribuer à la stabilisation du pays. En l’absence de confirmations indépendantes, les informations diffusées par l’EI-Sahel doivent être considérées avec prudence.









