
Au Mali, les populations du sud-ouest vivent depuis quelques jours sous la menace d’un blocus routier imposé par le groupe jihadiste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), lié à Al-Qaïda. Ce dispositif, qui affecte notamment les liaisons entre Kayes, Nioro du Sahel, Mopti et Bamako, accroît l’insécurité sur les axes routiers et bouleverse la vie quotidienne des voyageurs.
Le dimanche 7 septembre, un bus effectuant la liaison Kayes–Bamako a été intercepté par des hommes armés. Ces derniers ont demandé aux passagers masculins de descendre pour procéder à une vérification d’identité. Aucun acte violent, ni fouille corporelle ou extorsion d’argent n’a toutefois été signalé. Après ce contrôle, le bus a repris sa route vers la capitale.
La scène, bien que brève, a semé l’inquiétude parmi les usagers, nombreux à redouter que ce type d’arrêt ne dégénère. Plusieurs témoins évoquent la présence de motos dans la forêt bordant la route, signe, selon eux, d’une surveillance accrue ou de repérages préalables.
Face à ces risques, certains voyageurs optent désormais pour l’avion, malgré des coûts supérieurs, pour éviter l’incertitude des routes. Un jeune cadre originaire de Nioro du Sahel, notamment, affirme avoir fait ce choix après que plusieurs hommes avaient été contraints de descendre d’un bus reliant sa ville à Bamako. Les femmes, selon les témoignages, semblent moins visées.
Alors que JNIM semble avoir mis en œuvre le blocus depuis près d’une semaine sur les axes entre Nioro du Sahel, Kayes et les frontières avec la Mauritanie et le Sénégal, les autorités militaires maliennes avaient d’abord nié son existence.
Mais, sous la pression des faits, l’état-major a reconnu les difficultés et annoncé avoir « neutralisé plusieurs dizaines de terroristes » dans des opérations menées à proximité de la forêt du Baoulé, dans la zone de Mustafa, dans le cercle de Diéma (ouest du Mali).
Au-delà de la question de la sécurité, ce blocus compromet la circulation des personnes et des biens. Le transport routier, crucial pour les échanges locaux, est paralysé ou redirigé vers des voies plus longues et coûteuses. Les populations vivant dans les régions concernées, déjà vulnérables, subissent une double peine : l’isolement et l’augmentation des frais de transport. Le coût social, en termes d’accès aux soins, aux marchés ou au travail, s’alourdit.
Cette situation pose un défi majeur au gouvernement malien : garantir la sécurité des axes routiers tout en rétablissant la confiance des populations. Jusqu’à présent, l’armée peine à supprimer les zones de transit jihadistes, et les promesses de neutralisation ne suffisent pas à restaurer la tranquillité espérée. Reste à voir si les prochaines opérations militaires pourront mettre fin au blocus et ouvrir de nouveau la voie, sur les routes du sud-ouest du pays.










