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Mali : l’armée rappelle à l’ordre des militaires engagés dans des groupes armés

Assimi Goita, chef de l'Etat et président de la Transition au Mali

L’État-major général des Armées du Mali a fixé au 6 septembre 2026 la date limite accordée aux militaires en situation irrégulière opérant au sein de groupes armés se revendiquant proches de l’État. Parallèlement, le gouvernement a arrêté les modalités d’une participation de 35 % de l’État et des investisseurs nationaux dans la société Mines de Kobada-S.A. Ces deux décisions, annoncées le 28 août, concernent respectivement la chaîne de commandement militaire et le cadre de participation nationale au secteur aurifère.

Dans un communiqué rendu public vendredi, l’État-major général des Armées invite les militaires en situation irrégulière à rejoindre leurs unités respectives au plus tard le dimanche 6 septembre. L’instruction concerne des personnels opérant au sein de groupes armés qui se revendiquent d’une proximité avec l’État. Le communiqué ne précise ni le nombre de militaires concernés ni l’identité des groupes visés. Il indique toutefois que des dispositions ont été prises pour faciliter leur retour et leur réintégration.

L’échéance comporte une conséquence explicitement annoncée : toute absence constatée après le 6 septembre sera considérée comme une désertion pour les militaires concernés. Les groupuscules dissidents constitués au sein des formations mentionnées sont, eux, invités à rejoindre leurs groupes d’origine. Pour les groupes qualifiés d’« illégaux » et leurs éléments dissidents, l’État-major indique que les faits seront qualifiés et traités conformément à la réglementation en vigueur.

Cette communication intervient dans un environnement sécuritaire marqué par la présence de plusieurs catégories de formations armées et par les recompositions intervenues depuis le début de la crise malienne. Elle ne fournit toutefois pas d’éléments permettant d’établir l’ampleur exacte du phénomène des militaires servant en dehors de leurs unités officielles. Le bilan qui pourra être établi après le 6 septembre permettra de mesurer le nombre de retours et les éventuelles suites disciplinaires ou judiciaires.

Sur le terrain économique, le Conseil des ministres du 28 août a adopté un projet de décret fixant les modalités de participation de l’État au capital de Mines de Kobada-S.A., société créée pour exploiter le gisement aurifère de Kobada, situé dans le cercle de Kangaba, dans la région de Koulikoro. La participation nationale est fixée à 35 %. Elle comprend 10 % de participation gratuite et non diluable, 20 % de participation supplémentaire en numéraire et 5 % réservés aux investisseurs nationaux.

La gestion de cette participation sera confiée à la Société du Patrimoine minier du Mali. Le gouvernement inscrit cette décision dans l’application du Code minier et de la loi relative au contenu local adoptés en 2023, ainsi que dans un protocole d’accord conclu avec Toubani Resources Mali-SARL et Mines de Kobada-S.A. Le montant nécessaire à la prise de participation supplémentaire de 20 % et les modalités précises de mobilisation des 5 % réservés aux investisseurs nationaux n’ont pas été détaillés dans le communiqué gouvernemental.

Ainsi, les annonces du 28 août présentent deux volets distincts de l’action publique malienne : le rappel à la chaîne de commandement de militaires opérant en situation irrégulière et l’application du nouveau cadre minier à un projet aurifère. Dans les deux cas, les prochaines étapes — retour effectif des militaires concernés et mise en œuvre financière de la participation dans Kobada — permettront d’apprécier concrètement la portée des décisions annoncées.

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