
Le 12 août 2025, l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a été interpellé et placé en garde à vue à Bamako, dans le cadre d’une enquête pour des faits présumés de corruption. Cette arrestation intervient alors que la junte militaire au pouvoir intensifie ses actions contre les figures politiques critiques.
Selon son avocat, Cheick Oumar Konaré, Choguel Maïga a été arrêté par la Brigade de la lutte contre la corruption, une unité spécialisée dans la lutte contre les infractions économiques. Les accusations portées à son encontre concernent des allégations de mauvaise gestion des biens publics, notamment en lien avec les fonds secrets de la Primature. L’avocat conteste la légalité de cette détention, arguant que son client ne présente aucun risque de fuite ni de destruction de preuves.
Cette arrestation survient dans un climat politique tendu. Depuis son limogeage en novembre 2024, après avoir critiqué le prolongement de la transition sans concertation, Choguel Maïga est devenu un opposant vocal à la junte dirigée par le général Assimi Goïta. Il a notamment dénoncé la dissolution des partis politiques en mai 2025 et l’extension de la période de transition sans consultation démocratique.
L’arrestation de Choguel Maïga s’inscrit dans une série d’interpellations visant des personnalités politiques critiques. Plus tôt en mai 2024, Boubacar Karamoko Traoré, un proche collaborateur de Maïga, avait été arrêté après avoir signé un communiqué dénonçant le maintien au pouvoir des militaires. De même, Moussa Mara, ancien Premier ministre, a été emprisonné en août 2025 pour avoir exprimé son soutien à des opposants détenus.
Ces événements soulignent une répression croissante des voix dissidentes au Mali, alors que la junte semble renforcer son emprise sur le pouvoir. La communauté internationale suit de près ces développements, s’inquiétant des implications pour la transition démocratique et les droits humains dans le pays.
L’évolution de la situation reste incertaine et les prochaines étapes judiciaires détermineront si cette interpellation marque un tournant dans la politique malienne ou s’inscrit dans une dynamique de répression systématique des opposants.










