
Le gouvernement malien a annoncé jeudi 14 août 2025 avoir mis fin à une tentative de coup d’État impliquant des militaires maliens et un ressortissant français, Yann Vezilier, suspecté d’agir pour le compte des services de renseignement français. Cette opération aurait été orchestrée le 1er août, selon les autorités maliennes.
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministre de la Sécurité, le général Daoud Aly Mohammedine, a précisé que les arrestations concernaient deux généraux maliens, Abass Dembélé et Néma Sagara, ainsi que plusieurs officiers subalternes et un civil français. Le gouvernement malien accuse ces individus de vouloir déstabiliser les institutions de la Transition en mobilisant des relais politiques, civils et militaires.
Bien que le communiqué ne cite pas explicitement la France, la mention d’un ressortissant français et les références répétées à « l’ingérence étrangère » ont conduit à des spéculations sur le rôle de Paris dans ce complot présumé. Le gouvernement malien a dénoncé une « manœuvre subversive » visant à « briser la dynamique de la Refondation du Mali », en référence aux réformes politiques et institutionnelles engagées par la junte depuis son accession au pouvoir.
Les autorités maliennes ont assuré que la situation était « totalement sous contrôle » et ont appelé la population au calme, tout en promettant de poursuivre les enquêtes pour identifier d’éventuels complices. Le général Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, a déclaré que les Forces armées et de sécurité restaient déterminées à achever leur mission de lutte contre le terrorisme.
Cette annonce survient dans un contexte de tensions croissantes entre le Mali et la France, marquées par le retrait des troupes françaises du pays et le rapprochement de Bamako avec la Russie. Depuis deux coups d’État militaires successifs, le Mali a expulsé les forces françaises et a renforcé ses liens avec Moscou, notamment par le biais du groupe paramilitaire Wagner. Malgré ces alliances, la situation sécuritaire demeure précaire, avec une intensification des attaques de groupes extrémistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Cette affaire soulève des interrogations sur les influences étrangères au Mali et sur la stabilité du régime militaire en place. Les autorités maliennes ont appelé à la vigilance face aux « tentatives désespérées de déstabilisation », tout en affirmant que celles-ci « échoueront toujours, plaise à Dieu »










