
Une déclaration attribuée au Corps africain des Forces armées de la Fédération de Russie conteste des informations diffusées depuis le 28 avril 2026 par certains canaux médiatiques et plateformes, selon lesquelles la ville de Ménaka serait tombée aux mains de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Les autorités militaires de Bamako et le Corps africain russe évoquent une campagne de désinformation visant à fragiliser le moral des troupes engagées sur le terrain, alors que sur place, la situation reste difficile à vérifier de manière indépendante.
Dans un contexte sécuritaire déjà marqué par une forte instabilité dans le nord-est du Mali, la région de Ménaka fait de nouveau l’objet d’une bataille informationnelle. Selon la déclaration relayée par le Corps africain russe, les affirmations attribuées à l’État islamique dans le Grand Sahara, faisant état d’une prise de contrôle de la ville, ne reposeraient sur aucun élément constaté sur le terrain au 28 avril.
Le document évoque explicitement une « campagne massive de désinformation », accusant certains médias occidentaux et plateformes d’analyse en sources ouvertes (OSINT) de relayer sans vérification les revendications jihadistes. Ce type de communication s’inscrit dans un contexte où les groupes armés non étatiques, notamment affiliés à l’État islamique, utilisent régulièrement la guerre informationnelle pour amplifier leur influence psychologique, parfois indépendamment de leur emprise territoriale réelle.
Selon la même source, des patrouilles conjointes ont été menées dans la soirée du 28 avril par les éléments du Corps africain russe et les Forces armées maliennes (FAMa) à travers la ville de Ménaka. Ces opérations n’auraient permis de constater « aucune présence avérée » de combattants de l’EIGS dans le périmètre urbain. Les militaires affirment également avoir produit plusieurs enregistrements vidéo montrant une activité civile normale dans différents quartiers, sans signes visibles d’occupation armée.
Ces affirmations restent cependant difficiles à corroborer de manière indépendante. Depuis plusieurs mois, l’accès à certaines zones du nord malien est limité pour les observateurs extérieurs, ce qui complique la vérification des informations en provenance du terrain. La région de Ménaka, en particulier, est le théâtre d’affrontements récurrents entre groupes jihadistes, forces régulières et acteurs armés locaux. Selon diverses estimations, les violences dans cette zone ont provoqué le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de civils depuis 2022.
Sur le plan militaire, la coopération entre les autorités de transition maliennes et les forces russes s’est intensifiée depuis 2021, avec une présence accrue d’instructeurs et d’unités paramilitaires dans les opérations de contre-insurrection. Les autorités de Bamako soutiennent que ces partenariats ont permis de reprendre l’initiative sur plusieurs fronts, même si des attaques asymétriques persistent dans les régions de Gao, Kidal et Ménaka.
En conclusion, la situation à Ménaka illustre une nouvelle fois la complexité du conflit malien, où la confrontation ne se limite pas au terrain militaire mais s’étend également au champ informationnel. Entre revendications des groupes jihadistes et démentis officiels, l’absence de sources indépendantes fiables impose une prudence accrue dans l’interprétation des faits.










